La banque d'un monde qui change


Forum Convergences 2015Le Forum mondial Convergences 2015 a réuni à Paris les 19, 20 et 21 septembre 300 intervenants et près de 5 000 participants de l'économie sociale, de la microfinance et de la solidarité internationale dont 200 journalistes. 140 collaborateurs BNP Paribas ont participé au forum, et les associations de bénévoles du groupe, Microfinance Sans Frontières (MFSF) et Bénévolat de Compétences et Solidarité (BCS) ont partagé un stand qui a accueilli de nombreux visiteurs.

L'objectif de ce forum a été annoncé par Jean Michel Severino, Président de Convergences 2015, « co-création en vue du bien commun », visant à créer des passerelles entre l'économie classique, l'économie sociale, les ONG et les acteurs publics. Trois tendances fortes se dégagent de ce forum : fort soutien du politique pour l'entrepreneuriat social et la microfinance, implication croissante des grands groupes industriels et bancaires dans le social business et complémentarité entre la philanthropie et l'investissement solidaire.

Le Forum a été l'occasion de deux remises de prix pour récompenser des partenariats innovants pour la réduction de la pauvreté. Le Prix France a été attribué au projet « Vie Grande Ouverte » d'Entreprendre pour Humaniser la Dépendance en partenariat avec Habitat et Humanisme et l'Université Catholique de Lyon. Le Prix international a été remis à l'entreprise sociale indienne Prakti Design en partenariat avec Skillmech, pour leur conception et distribution de fours de cuisson améliorés destinés aux plus démunis.

L'économie sociale, élément de sortie de crise

Face à la triple crise sociale, économique et financière, tant au Nord que dans les pays du Sud, les politiques se mobilisent à la recherche de solutions innovantes. Le Commissaire Européen Michel Barnier a présenté l'initiative de la Commission lancée en octobre 2011 visant à créer un cadre réglementaire favorable au social business dans les pays de l'Union Européenne. Le premier pilier de cette initiative, le règlement concernant les fonds EUSEF d'entrepreneuriat social, est en cours de finalisation devant le Parlement Européen.

Les hommes politiques français ont adressé des messages forts concernant l'économie sociale face à la crise, avec les interventions de deux anciens Premiers Ministres (Rocard et Juppé) et de deux ministres (Pascal Canfin, Ministre du Développement, et Benoît Hamon, Ministre de l'économie Solidaire). Ce dernier a confirmé les promesses du candidat François Hollande d'attribuer 500 M d'Euros de prêts à l'économie sociale par l'intermédiaire de la future banque publique d'investissement. Il a aussi évoqué l'idée d'un livret économie solidaire qui pourrait être distribué par les banques auprès des épargnants, sur le modèle du livret de développement durable. Pour Pascal Canfin, en complément des aides publiques, des solutions innovantes doivent être mise en œuvre pour contribuer au développement, innovations techniques comme le téléphone mobile ou innovation financière comme la microfinance et la micro assurance.

Le rôle des banques et des grandes entreprises dans le social business

Les grands groupes industriels français et internationaux ont présenté leurs actions concrètes dans le domaine du social business. Pour une dizaine de grands groupes, ce qui était autrefois un sujet de mécénat en lien avec des ONG est devenu un sujet cœur de métier, développé avec des entreprises sociales en Europe ou dans les pays en développement.

Les acteurs financiers ont un rôle important à jouer dans leur métier financier pour soutenir l'économie sociale. François Villeroy, Directeur général délégué du Groupe BNP Paribas, a défini les trois axes principaux de l'engagement de la banque dans l'économie sociale : en fonds propres, en épargne salariale, avec les investisseurs privés. Il a également salué l'implication bénévole des salariés dans les 2 associations de bénévolat de compétences de BNP Paribas MFSF et BCS (au total 600 bénévoles).

Le forum a permis de souligner la complémentarité entre aide publique, aide privée et investissement. Les grandes fondations comme la fondation Gates joue un rôle majeur dans le développement.

Comme l'ont souligné les participants de la table ronde animée par François Debiesse, Président de la Fondation de l'Orangerie (BNP Paribas Wealth Management), la volonté des philanthropes aujourd'hui est de rendre leurs actions plus efficaces, alors que les frais administratifs de certaines ONG dépassent 20 % des montants collectés. De plus en plus, les philanthropes préfèrent investir plutôt que donner, permettant à l'argent d'être réinvesti plusieurs fois.

Depuis cinq ans aux Etats-Unis s'est développé le mouvement de l'« impact investing », destiné à des investisseurs qui recherchent en priorité un retour social sur investissement, avec un rendement financier minime et une préservation du capital. Dans ce contexte, la mesure de la performance sociale est un élément clé la décision d'investissement.

Le forum a aussi été un lieu d'échange en matière d'innovation financière, avec les présentations des « social impact bonds » britanniques, les projets de bourse sociale de Londres et de Singapour ou le développement de la finance participative, comme Babyloan, permettant de lever des fonds par l'intermédiaire des réseaux sociaux.

Accédez aux podcasts et aux vidéos du Forum Convergences 2015, le rendez-vous de l'économie solidaire.