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L’Investissement Socialement Responsable

  • 15.03.2016

Quel bilan pour l’Investissement Socialement Responsable (ISR) ?

Imaginé dans les années 1930, l’Investissement Socialement Responsable (ISR) a longtemps été un marché de niche anecdotique. Mais depuis quelques années, les investisseurs plébiscitent les placements responsables, pour soutenir les entreprises les plus vertueuses au quotidien. Pour soutenir cette forme d’investissement, et alors que l’AMF souhaiterait de son côté voir plus de standardisation dans les approches, le gouvernement vient de créer un Label ISR. Il apportera une meilleure information aux épargnants, et garantira le sérieux des approches ISR déployées dans les fonds labellisés.

Regarder au-delà des critères financiers

Pour un investisseur, l’ISR consiste à tenir compte de critères « extra-financiers » dans ses choix d’investissement : des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG)

Cette démarche peut répondre à deux objectifs :

•    pour certains investisseurs, prendre en compte les risques ESG permet d’assurer une meilleure performance financière à long terme, et les critères extra-financiers permettent de détecter de nouvelles opportunités de croissance et de minimiser l’exposition des portefeuilles à certains risques d’image et financiers;

•    pour d’autres, l’ISR est un moyen de privilégier les entreprises respectant des valeurs auxquelles ils sont attachés (par exemple en favorisant les entreprises affichant une bonne gestion des enjeux ESG dans la chaine d’approvisionnement).

L’ISR se présente sous différentes formes

L’ISR se décline ainsi aujourd’hui dans une vaste gamme de fonds, proposés par les réseaux bancaires ou d’assurance, investis en actions, obligations ou titres : 
•    issus d’entreprises ou d’États répondant aux critères ESG fixés,
•    excluant les entreprises ne respectant pas les normes et conventions internationales (en matière de protection de l’environnement, de respect du droit humain ou du droit du travail, etc. Par exemple, seules seront retenues les entreprises ayant signé le Pacte Mondial des Nations Unies) ;
•    excluant certains secteurs d'activités (le tabac, l'armement, les jeux d'argent, les OGM, le nucléaire…) ;
•    répondant à une thématique précise (énergies renouvelables, changement climatique, santé…).

Enfin un label officiel

L’ISR manque toutefois d’une définition claire. L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a d’ailleurs publié fin 2015 un rapport,  dans lequel l’ISR est décrit comme un concept hétérogène et polymorphe, manquant de transparence. En examinant 100 fonds ISR, l’AMF a déploré un manque d’information, ne permettant pas à l’investisseur « de comprendre ce que signifie le qualificatif ISR désignant le produit », dans 74 d’entre eux. Pire encore, 21 se contentaient de mentionner « l’existence d’une politique d’investissement responsable », sans plus de précision.

Cependant, l’AMF souligne aussi les efforts et bonnes pratiques de certaines sociétés de gestion : les reproches ne concernent pas l'ensemble du marché de l’ISR !  

Et les choses devraient être clarifiées dès cette année, puisque le gouvernement a annoncé la création d’un « Label ISR » officiel : le décret officialisant ce label est paru au journal officiel en janvier 2016. La labellisation ISR était en effet, jusque là, une initiative privée (Label ISR Novethic, Label du Comité Intersyndical de l’Epargne Salariale).

Un succès croissant, une rentabilité confirmée

Cette labellisation renforcera la confiance des investisseurs, et devrait promouvoir l’investissement ISR, qui répond à une véritable attente. En effet, selon l'enquête annuelle de Novethic, les encours d’investissements socialement responsables (ISR) progressent très rapidement : ils atteignaient 222,9 milliards d’euros en 2014, en progression de 31 % par rapport à 2013.  

Mais en 2014, les encours détenus par les particuliers (en particulier via leur épargne salariale ou une assurance-vie) s’élèvent à 40,9 milliards d’euros (soit 18 % du marché), contre 182 milliards d’euros pour les investisseurs institutionnels.

Un succès expliqué par une volonté des investisseurs d’associer la création de valeur financière et extra-financière, notamment pour remplir une mission sociale, dans le cas des fonds de retraite et de pension français, mais sans pour autant renoncer à la performance. De nombreuses études ont été réalisées, pour comparer la performance des fonds d’investissement responsables et celle des fonds classiques. Les résultats prouvent que la prise en compte des critères ESG génère une rentabilité similaire à celle de l’investissement conventionnel