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Civic’Tech : du numérique au politique

  • 17.04.2018

Les projets digitaux favorisant le dialogue entre la société civile et les pouvoirs publics se multiplient. Focus sur l’essor de la Civic’Tech et son impact sur l’engagement citoyen.

La démocratie à l’heure des innovations technologiques 

Le terme « Civic’Tech » englobe les technologies visant à renforcer le lien entre les citoyens, le service public et les gouvernements. Ces technologies servent de socle à des projets numériques permettant de rendre l’action publique plus transparente, plus accessible et d’accroître le pouvoir de la société civile. 

Un nouvel espace public 

La Civic’Tech, ce sont des projets extrêmement variés menés par des associations ou des start-ups :

  1. plateformes de budgets participatifs ;
  2. pétitions en ligne ;
  3. applications pour interpeller les élus ;
  4. signalement de dysfonctionnements locaux ;
  5. cartographies collaboratives ;
  6. réseaux sociaux d’habitants…

Les pouvoirs publics initient parfois ce type de projets, dans le cas par exemple des plateformes de co-construction de lois entre citoyens et parlementaires : on parle alors de Gov'Tech.

Les Civic’Tech répondent au besoin essentiel des citoyens de participer davantage aux processus de décision, mais aussi de dialoguer avec les décideurs. Au cœur de la démarche : transparence et collaboration. Le numérique deviendrait ainsi le moyen d’inclure une population plus large dans la participation à la vie publique, vers toujours plus d’intelligence collective.

Les Civic’Tech en plein essor

Le phénomène est apparu vers 2008 aux États-Unis, durant la campagne de Barack Obama. Le terme « Civic’Tech » y est largement utilisé depuis 2013. Il est repris en France dès 2015, puis relayé par les médias pendant les élections de 2017. Une cinquantaine d’outils de Civic'Tech sont aujourd'hui répertoriés en France.

Parmi les principaux acteurs, le site de pétition américain Change qui compte 185 millions d’utilisateurs dans le monde, dont 8 millions en France, fait partie des plus connus. Le comparateur de programmes Voxe a quant à lui été utilisé par près de 4,5 millions d’internautes depuis sa création. Les Civic’Tech représentent déjà 5,7 milliards d’euros, sur un marché mondial des dépenses institutionnelles dans les technologies de l’information de presque 23 milliards d’euros. Aux États-Unis, les investissements dans ce secteur sont amenés à progresser 14 fois plus vite que les investissements dans les technologies traditionnelles sur la période 2013-2018.

Les deux grandes familles de la Civic’Tech

Certaines études distinguent deux types de Civic’Tech : les activités liées aux politiques de transparence (accès aux données et utilisation, appréciations des habitants, prises de décision publiques…) et celles propres à l'action citoyenne (financement participatif, projets collaboratifs, organisation d’initiatives, etc).

Des initiatives soutenues par BNP Paribas

BNP Paribas est convaincu du potentiel des Civic’Tech et du rôle qu’elles joueront dans le dynamisme démocratique. Pour Ramy Ghorayeb, analyste à l'Atelier BNP Paribas North America, « le citoyen a un plus grand pouvoir et peut mieux faire entendre ses idées grâce à la technologie. De l'autre côté, les institutions peuvent mieux comprendre leurs administrés et mieux répondre à leurs besoins et attentes ».

Le Groupe soutient plusieurs projets innovants de Civic’Tech. Dans le cadre de son programme We Are Innovation, il accompagne la start-up Fullmobs qui développe une solution collaborative de crowdtiming permettant aux citoyens de lancer leurs propres campagnes d'action collective. Le Groupe est également engagé avec Fluicity , une start-up qui a conçu une application mobile connectant citoyens et élus. Cette plateforme dédiée à des sujets concrets (trafic routier, pollution, voirie) permet une communication plus directe : chacun peut signaler un problème, donner un avis sur les propositions de la collectivité et, bien sûr, proposer ses idées. Les données recueillies permettront aux élus de disposer d’éléments concrets les aidant lors de la prise de décision.

le citoyen a un plus grand pouvoir et peut mieux faire entendre ses idées grâce à la technologie. De l'autre côté, les institutions peuvent mieux comprendre leurs administrés et mieux répondre à leurs besoins et attentes

Enfin, BNP Paribas se mobilise pour donner une chance à chaque jeune à travers une initiative avec Make.org, une plateforme indépendante permettant la collecte directe de propositions et la mise en place d’opérations de sensibilisation et d’engagement citoyen. Une grande consultation, lancée le 5 avril dernier, rassemble citoyens, associations, entreprises, institutions et collectivités : elle vise à trouver et mettre en œuvre des actions concrètes durant 3 ans pour favoriser l’égalité des chances, l’inclusion et la réussite des jeunes.

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