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Semaine économique - courbe de taux américaine : il faut savoir ce que l’on veut

  • William De Vijlder Group Chief Economist BNP Paribas
  • Paris
  • 20.07.2018
  1. Dernièrement, l’aplatissement de la courbe des Treasuries a été au centre des attentions car d’après les données historiques,les récessions sont précédées d’une inversion de la courbe
  2. Une courbe de taux relativement plate n’annonce pas nécessairement une crise
  3. L’histoire montre néanmoins que lorsque la courbe commence à se repentifier après s’être aplatie ou inversée, une récession est proche
  4. Au lieu de se concentrer sur la pente, mieux vaut donc se demander quand la Réserve fédérale mettra un point final au resserrement de sa politique monétaire

Il faut savoir ce que l’on veut. L’aplatissement de la courbe de taux américaine préoccupe beaucoup de monde, et s’il prenait fin le soulagement serait probablement général. Cependant, l’histoire montre qu’il y aurait, dans ce cas, encore plus de raisons de s’inquiéter.

Aux Etats-Unis les récessions ont été précédées, par le passé, d’un aplatissement de la courbe de taux suivi d’une inversion, mais ce type d’information n’est pas d’un grand secours pour celui qui produit des prévisions ou qui, comment l’investisseur, pratique le market-timing. En effet, le délai qui s’écoule entre une courbe plate à négative et le début d’une récession est long et variable. Compte tenu de la relation historique entre la pente de la courbe et les crises économiques, on a tendance à souhaiter à un certain moment une repentification de la courbe. Une telle situation pourrait se produire dans deux cas de figure : quand le rendement des obligations à 10 ans augmente plus que celui des titres à 1 an, et quand ce dernier baisse davantage que le premier. Dans le premier cas, la courbe se pentifie et remonte ; dans l’hypothèse d’une prime de terme*inchangée, les perspectives de croissance à long terme augmenteraient alors considérablement, ce qui tirerait vers le haut l’ensemble de la trajectoire des taux d’intérêt à court terme. Compte tenu de la maturité actuelle du cycle conjoncturel, il semble difficile de compter sur une telle pentification sur une longue période, ne serait-ce que parce que cela obligerait la Réserve fédérale à procéder à un durcissement monétaire bien plus agressif, qui pèserait sur les perspectives de croissance à long terme et entraînerait un ré-aplatissement de la courbe.

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