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L'exemple portugais : le point sur la semaine économique

  • Frédérique Cerisier Economiste
  • 21.10.2016

La décision de l’agence DBRS sur la notation du souverain portugais sera rendue ce soir.

Le risque est connu : que le déclassement du pays sous la catégorie investissement dans cette agence, la dernière à le faire, rende la dette portugaise inéligible aux opérations de refinancement classique de la BCE, interrompant le QE pour ce pays et, surtout, obligeant les banques portugaises à se financer au guichet d’urgence de la banque centrale nationale. Autant dire une réactivation des liens entre risques bancaires et souverains, que l’union bancaire est pourtant censée combattre dans les deux sens… A ce stade, les faits continuent de faire du statu quo l’hypothèse la plus probable :derniers mouvements à la hausse et perspectives de notation stables dans toutes les agences ; tendance, modérée mais réelle, à l’amélioration de la situation économique et budgétaire. Remarquons aussi qu’en cas de mauvaise nouvelle, les outils adéquats sont là : le Mécanisme Européen de Stabilité peut proposer au pays un programme dit « de précaution »,assorti d’une conditionnalité très allégée,qui permettrait à la dette portugaise de redevenir éligible, par dérogation, aux opérations de la BCE. Une procédure d’urgence existe même, qui permet d’ouvrir un tel programme en un temps record, compte non tenu, toutefois, du coût politique d’une telle décision, pour le Portugal bien sûr, mais également ailleurs. Reste la question de savoir s’il est acceptable que le fonctionnement du système monétaire puisse devenir à ce point dépendant des décisions d’une agence de notation.