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Japon, crédibilité : le point sur la semaine économique

  • Alexandra Estiot Economiste
  • 26.09.2016

Lors de sa précédente réunion, à la fin du mois de juillet, la Banque du Japon (BoJ) annonçait une revue complète de sa politique et de ses effets sur l’évolution de la conjoncture et de l’inflation, et ce « dans la perspective d’atteindre l’objectif de stabilité des prix de 2% au plus tôt ».

Le titre du document, posté sur son site, était encore plus explicite dans l’annonce des mesures qui ne manqueraient pas d’en découler : « Renforcement de l’assouplissement monétaire ». Cette semaine, la BoJ n’a pas déçu, en introduisant un contrôle de la courbe des taux avec, notamment, un objectif sur le rendement des taux à 10 ans et, surtout,l’engagement de dépasser durablement son objectif d’inflation de 2% en augmentant la base monétaire autant et aussi longtemps que nécessaire.Irresponsable diront certains. D’autres salueront cet engagement à l’irresponsabilité, que Paul Krugman, prix Nobel d’économie en 2008, appelle de ses voeux depuis tant d’années. Plus exactement, P. Krugman parlait de« promesse crédible d’être irresponsable ». Se pose alors la question de la crédibilité de l’engagement de la BoJ. Ben Bernanke, ancien président de la Réserve fédérale, en son temps taxé d’irresponsabilité, s‘interroge sur la pertinence de la décision japonaise de garder inchangé son objectif d’achats de titres : il y a en effet redondance avec l’objectif de taux. Sauf à considérer que conserver le premier permet d’accroître la crédibilité du second.


La Bank of Japan accélère encore