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Le commerce équitable n’est pas une idée nouvelle : le concept apparaît aux États Unis à la fin des années 1940 , en réaction aux inégalités entre pays riches et pays pauvres. Puis, dès 1950, l’ONG (Organisation Non Gouvernementale) anglaise Oxfam formalise l’idée d’importer et de vendre des produits réalisés par des artisans en difficulté. En 1964, le slogan fondateur « Trade, not Aid » (le commerce, pas la charité) apparaît lors d’une conférence de la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement). Le concept fait alors florès. En 2014, le commerce équitable a représenté 6 milliards d’euros d’échanges au niveau mondial.

Commerce équitable et développement durable : des objectifs communs

Le commerce équitable vise une plus grande équité dans le commerce mondial, en s’appuyant sur le dialogue, la transparence et le respect. Il partage aussi les fondements du développement durable, en proposant de meilleures conditions commerciales aux producteurs marginalisés et en poursuivant un objectif commun : permettre à des travailleurs défavorisés de vivre dignement, et sur le long terme, de leur travail.
Pour cela, le commerce équitable se repose sur différentes notions (formalisées dans l’article 94 de la loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire)  :
•    le « prix juste », calculé sur la base des coûts de production, et non sur un rapport offre et demande ;
•    le renforcement des capacités de production des travailleurs et leur autonomisation, via le versement d’un montant supplémentaire versé pour soutenir des projets collectifs (achat de matériels pour améliorer la production par exemple) ;
•    une relation commerciale inscrite dans la durée et le respect des droits sociaux fondamentaux.

Commerce équitable et finance solidaire : des concepts complémentaires

La crise économique a favorisé l'émergence de l'économie sociale et solidaire, avec pour but de mettre en place un mode de production alternatif. Commerce équitable et finance solidaire représentent ainsi des modèles économiques complémentaires. Ils partagent une même ambition : donner à l’Homme les moyens d’être un acteur responsable de son développement. Et si le commerce équitable permet aux producteurs (du Sud essentiellement) d’obtenir une rémunération plus juste pour leur travail, la finance solidaire leur apporte le financement nécessaire à la pérennisation de leur activité.
Selon une étude réalisée par Oikocredit et Max Havelaar France, deux acteurs majeurs du monde de l’économie sociale et solidaire, les épargnants français sont favorables au commerce équitable, comme à la finance solidaire, pour soutenir les petits producteurs ou entrepreneurs. Le 1er bénéficie toutefois d’une plus grande notoriété (93 %) que le second (51 %) et est même jugé plus efficace (respectivement 76 % et 70 %).

L’indispensable besoin de financement

L'économie sociale et solidaire s’appuie bien souvent sur des structures spécifiques (coopératives, mutuelles, associations, fondations…) pour accomplir une mission d'utilité sociale : réinsertion, logement social, ou bien sûr commerce équitable. La recherche d’un gain financier n’est donc pas une priorité. Mais pour se pérenniser, ces structures ne peuvent échapper à la recherche de la rentabilité financière ! 
Elles peuvent alors compter sur des modes de financements solidaires. Les pouvoirs publics apportent aussi des aides, dans le cadre de programmes particuliers, comme par exemple le Plan d’action national en faveur du commerce équitable en France. Enfin, les apporteurs traditionnels de capitaux interviennent, comme les banques. Ces dernières ont de fait imaginé des modes de financement adaptés à leurs besoins et leurs valeurs. BNP Paribas soutient ainsi l’entreprenariat social en s’engageant aux côtés de ses acteurs, en mettant en place des interlocuteurs dédiés, des produits et services spécifiques, et en prenant en compte leurs spécificités (avec par exemple une politique de crédit adaptée). 

LE COMMERCE ÉQUITABLE EN CHIFFRES-CLÉS
En 2014, le commerce équitable représentait 6 milliards d’euros à l’échelle mondiale, et un chiffre d’affaires de 499 millions d’euros en France (soit une croissance de 16 % par rapport à 2013). 
Les produits alimentaires représentent 80% des ventes (en volume de chiffre d’affaires). Les cosmétiques (13 %) et le textile (4 %) se partagent le reste du marché. Le produit équitable le plus vendu en France est le café (50 %).

Une véritable convergence s’est créée entre agriculture biologique et commerce équitable : 70 % du chiffre d’affaires du secteur est issu de la vente de produits bio-équitables en 2014.
Par ailleurs, 10 millions de personnes, les producteurs et leurs familles, (soit près de 1 500 groupements de producteurs) bénéficient du commerce équitable dans le monde.