La banque d'un monde qui change

Les bonnes et mauvaises nouvelles de la baisse du pétrole

  • 21.03.2016

La chute vertigineuse des prix du pétrole exerce des conséquences sur tous les secteurs de l’économie, et tous les pays. Des conséquences positives, mais d’autres parfois préoccupantes.

De la surproduction à la baisse des prix

Pendant environ 4 ans, le prix du baril de pétrole est resté relativement stable, aux alentours de 105 dollars. Mais à l’été 2014, il a soudain décroché, tombant au-dessous de 40 dollars.

Cette baisse est due à plusieurs causes combinées :
•    une production en hausse (et encore accrue par le pétrole non conventionnel),
•    une demande mondiale en baisse, liée au ralentissement de l’économie mondiale – et en particulier chinoise,
•    une modification de la politique de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), qui ne cherche plus à soutenir les prix,
•    la stabilisation de certains facteurs géopolitiques, réduisant le risque sur l’approvisionnement,
•    une appréciation du dollar américain
Et avec la fin des sanctions envers l’Iran, dont le pétrole va revenir sur le marché mondial, la tendance à la baisse ne va pas s’arrêter !

Une aubaine pour l’industrie manufacturière 

Pour les entreprises manufacturières, cette chute des cours du brut a des conséquences immédiates : la baisse des dépenses d’énergie leur permet de réduire leurs prix de vente, et ainsi de remplir leurs carnets de commandes. On assiste ainsi à une reprise encore modérée, mais observable.

D’autres secteurs d’activités profitent également de la baisse, parce qu’ils sont consommateurs de produits pétroliers (le secteur des transports, mais aussi de la chimie, de la plasturgie…), ou très dépendants des coûts de transport et d’énergie (ce qui concerne même l’agriculture !). Enfin, la baisse du pétrole compense la dépréciation de l’euro, qui ne pénalise donc pas les importations.

Toutefois, une baisse généralisée des prix liée à la chute du pétrole serait plutôt une source d’inquiétude dans la zone euro, qui cherche à éviter à tout prix la déflation !

Pays et entreprises liés au pétrole fortement déstabilisés

La dégringolade des cours a aussi des conséquences négatives. D’abord, sur les pays producteurs. 
Le Vénézuela ou l’Algérie, pour qui le pétrole représente une part très importante des rentrées financière, sont dans une situation réellement critique. La Lybie ou l’Irak, qui doivent en plus faire face à une situation politique dégradée, sont également en difficulté. Idem pour la Russie. Et même l’Arabie Saoudite et les autres pays producteurs du Golfe en subissent les impacts et doivent puiser dans leurs réserves de devises…

Dans tous les pays, la baisse du cours du pétrole exerce un impact sur l’ensemble du secteur de l’énergie : les budgets d’investissements des compagnies pétrolières, réduits, déstabilisent les très nombreux sous-traitants. Ainsi par exemple en septembre 2015, Euronews annonçait la suppression de 5 500 postes dans le secteur pétrolier et gazier de la Mer du Nord depuis 2014.
Globalement, les échanges entre pays sont ralentis par la baisse du pétrole : l'OMC a revu ses prévisions à la baisse pour 2016, en partie bien sûr à cause de  la baisse des coûts des matières premières, et en particulier du pétrole.    

Mais selon Patrick Barbe, CIO Core Fixed Income chez BNP Paribas Investment Partners, les bienfaits de la baisse du prix du pétrole sont encore devant nous : 
  « Les avantages pour l’économie mettent du temps à se voir, alors que la crise du secteur énergétique est immédiate (…) les bienfaits de la baisse du prix du pétrole sont encore devant nous ».