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Lux Future Lab : vers une start-up nation made in Luxembourg

  • Olivier Selis CEO de l’incubateur
  • Luxembourg
  • 27.07.2018

Structure multifacettes hébergée par BGL BNP Paribas, filiale luxembourgeoise du Groupe, le Lux Future Lab promeut l’entrepreneuriat et la création de projets au Grand-Duché. Tour d’horizon en compagnie d’Olivier Selis, CEO de l’incubateur.

Qu’est-ce que le Lux Future Lab ? 

Le Lux Future Lab évolue au sein du département RSE de BGL BNP Paribas qui est constitué de 6 collaborateurs dont 3 sont dédiés au Lab. Le Lux Future Lab a une double mission : 

  • Impacter positivement la dynamique économique et sociale au Luxembourg à travers notre incubateur de start-up. À cet effet, nous disposons d’un bâtiment de 2 000m² en plein centre-ville avec 32 bureaux privés, un open-space et des salles de réunion.
  • Impulser une dynamique entrepreneuriale et une culture d’innovation auprès de nos collaborateurs via notre programme d’Accélération et auprès des jeunes via nos programmes Start Me up et SummerSchool

Pourquoi avoir créé le Lux Future Lab ? 

Nous sommes partis d’un constat : le Luxembourg est un pays riche avec un faible taux de chômage et un PIB élevé et organisé autour de grands groupes et institutions. Et si nous écrivions une nouvelle page de l’histoire ? Entrons dans la transition vers l’économie numérique de demain et soutenons les jeunes pousses innovantes portées vers le futur!

C’est ainsi que le Lux Future Lab est né, il y a 6 ans, avec le slogan presque provocateur « au Luxembourg, on peut être autre chose qu’avocat, banquier ou consultant ! »

Olivier Selis, CEO de l'incubateur

Comment le Lab accompagne-t-il les start-up ?

Du sourcing des start-up à la gestion des différents programmes, nous sommes sur tous les fronts. Le Lab est un point d’entrée auprès de la banque. 

Pour accompagner les start-up, nous bénéficions d’un réseau d’une vingtaine de partenaires notamment dans l’IT, le juridique, le consulting, le marketing ou encore le recrutement. Nous mettons à disposition de nos entrepreneurs des bureaux flexibles à des coûts avantageux. Nous avons également mis en place un programme de formation régulier autour de sujets clés comme les levées de fonds ou les différentes réglementations. Tous nos partenaires s’engagent à offrir au moins 2 heures gratuites de conseil. Certains vont spontanément beaucoup plus loin. En échange, nous les référençons et les invitons aux différents événements que nous organisons. Le networking tient une place centrale dans notre offre. 

Nous avons acquis une solide visibilité et sommes devenus un acteur clé au sein de l’écosytème innovation du Grand-Duché. Nous introduisons facilement les start-up auprès de clients ou partenaires potentiels, les accompagnons à des salons majeurs comme VivaTechnology à Paris. Enfin, pour financer les projets, nous nous appuyons sur la Banque et des Business Angels. Nous avons accès à un important réseau d’investisseurs privés ou institutionnels et le Lux Future Lab héberge deux fonds de capital-risque.

Comment les choisissez-vous ?

Nous avons lancé l’incubateur en 2012. Au total, une soixantaine de projets ont été incubés. Nous en accompagnons actuellement une trentaine. Nos critères de sélection sont simples : les start-up doivent vouloir créer de l’emploi à Luxembourg, respecter nos valeurs et s’intégrer à notre écosystème ouvert. Nous travaillons en communauté. Nos entreprises s’entraident, contribuent aux initiatives du Lab et de la banque. 

Aujourd’hui, la moitié sont des Fintechs mais nous accueillons également des sociétés d’autres secteurs d’activité avec lesquelles la Banque peut développer d’autres formes de partenariats. Ainsi, les offres de smart mobility de la startup KussBus intéressent particulièrement les ressources humaines. Nous suivons également Univize, une plateforme qui connecte les futurs étudiants aux étudiants actuels qui devient ainsi un nouveau partenaire média pour la Banque et ses offres « Jeunes » . Nous essayons toujours de voir en amont si un département de BNP Paribas a un intérêt à travailler avec l’une de nos start-up. Toutefois, notre modèle reste ouvert et indépendant.

Et quels sont les résultats ? 

Nous avons accompagné 57 start-up, contribuant à créer plus de 400 emplois à Luxembourg. Les fondateurs sont issus d’une vingtaine de nationalités différentes. Nous comptabilisons 8 grands succès suivis de rachats. La banque a ainsi fait l’acquisition de Gambit/Birdee, un conseiller bancaire robotisé. Arrivée au Luxembourg en 2015, la start-up a ensuite gagné le hackathon belge de BNP Paribas en 2016. Le Groupe l’a alors repérée et la branche BNP Paribas Asset Management l’a rachetée en 2017. Il y a un véritable lien entre les différentes entités de BNP Paribas, c’est toute la force du Groupe. 8 jeunes pousses ont également développé des proofs of concept (POC) ou des partenariats avec la Banque. De manière générale, nos start-up grossissent très vite. Pour encourager les collaborations, nous organisons de nombreux événements internes, ateliers et conférences. C’est une réussite : plus d’une centaine de collaborateurs y participent régulièrement.


57

start-up accompagnées

400

emplois crées au Luxembourg

8

grands succès suivis de rachats

8

jeunes pousses ont également développé des POC

Qu’est-ce que la communauté des Change Makers? 

l’appétence au changement, une volonté d’évoluer vers de nouvelles méthodes de travail et de casser les silos.

Associer le lancement de notre programme TIZ « The Intrapreneurs’ Zone » avec le mouvement Change Makers du Groupe à Paris était naturel pour nous. Nous avons donc créé une communauté locale des acteurs du changement pour porter nos initiatives. Composé d’une trentaine d’experts issus de toutes les fonctions et métiers de la banque, ce groupe se rassemble autour d’une vision commune : l’appétence au changement, une volonté d’évoluer vers de nouvelles méthodes de travail et de casser les silos.

Vous avez également monté la Lux Future Lab Academy. De quoi s’agit-il ?

Nous avons d’abord conçu une Summer School, un programme de 2 semaines destiné aux 16-18 ans, pour les accompagner dans leur orientation future et leur faire découvrir les métiers de la Banque et le monde des start-up. Nous leur faisons passer des tests de personnalité, leur permettons de rencontrer et d’échanger avec des personnalités extraordinaires… En tout, nous avons ainsi accompagné 150 jeunes.

Cette année, à la demande du département Communication, nous avons également lancé un second programme « Start Me Up ». Pendant l’année scolaire, des jeunes de 15 à 17 ans viennent passer 3 heures au Lab avec leurs professeurs. Nous leur présentons nos visions, projets et méthodes de travail. Nous leur proposons aussi des mises en situation sur la problématique de leur choix et les aidons à la résoudre via des méthodes agiles.

Notre objectif est de transmettre à ces jeunes un état d’esprit, une ouverture, leur montrer que les erreurs voire les échecs sont partie intégrante du processus de création. Il n’y a pas d’âge pour se lancer dans un projet. Le plus important : c’est d’y croire et de rester optimiste.

Vous encouragez également le développement de projets internes à la banque. Pouvez-vous nous en dire plus ? 

Jusqu’à l’an dernier, nous proposions un programme d’intrapreneuriat aux collaborateurs ayant un projet d’entreprise personnel de tout type, l’ouverture d’une enseigne de fleuriste ou d’un magasin de chocolats par exemple. Après 2 ans d’existence, nous avons dû abandonner, faute de ressources suffisantes. Cette année, nous relançons un programme plus ciblé, portant uniquement sur les projets « Banque ». Nous sommes actuellement en phase d’appel à projets. Les projets retenus seront accélérés pendant 10 semaines avec des coachs dédiés. 

Pour participer au programme complet, les intrapreneurs doivent respecter différents critères : avoir un impact minimal sur les systèmes d’information existants, se focaliser sur l’amélioration de l’expérience collaborateur et/ou client, et, idéalement, avoir une dimension « 4Good », c’est-à-dire créer un impact positif en rapport avec nos piliers RSE

“ Les jeunes diplômés ont un esprit d’ouverture et de challenge particulièrement fort. Ils remettent beaucoup plus volontiers en question les idées et processus en place, veulent connaître leur raison d’être. C’est très sain pour l’entreprise. ”

Olivier Selis

CEO de l’incubateur

Quelles ont été vos plus grandes sources d’étonnement ? 

J’ai été particulièrement et agréablement surpris par la motivation des collaborateurs. La plupart font preuve d’un réel intérêt pour le progrès et le changement. Ils veulent de l’empowerment et être acteurs de la transformation de la banque !

nous disposons d’un réseau international unique pour accompagner la croissance de nos start-up.

Comment envisagez-vous l’avenir du Lux Future Lab ? 

Nous voulons intégrer davantage le Lab dans l’écosystème du Groupe BNP Paribas. Que ce soit au travers des différents programmes d’accélération ou de co-développement, les incubateurs, les pôles innovations, nous disposons d’un réseau international unique pour accompagner la croissance de nos start-up. Sans parler de l’accès à nos propres clients Corporate ou Privé. C’est une proposition de valeur unique à Luxembourg.

Nous souhaitons également nous concentrer davantage sur la partie financement et l’accompagnement des start-up dans leurs levées de fonds et leur stratégie de développement. Par exemple, en octobre, nous co-organisons avec la Banque une grande conférence : l’EBAN Winter Summit (pour European Trade Association for Business Angels) qui rassemblera 500 business angels et entrepreneurs à Luxembourg autour d’un thème central : Better together: how to shape a more sustainable and innovative world? Nous avons encore beaucoup à faire et à explorer !

Lux Future Lab

www.luxfuturelab.lu

Lux Future Lab est le premier incubateur de start-up de la ville de Luxembourg

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