La banque d'un monde qui change

La banque doit être aux avant-postes de la construction de l’économie bas carbone

  • Jean-Laurent Bonnafe Administrateur Directeur Général de BNP Paribas
  • 09.12.2017

Les appels à changer profondément le visage de l’économie mondiale ne cessent de se multiplier. Les États et les entreprises, interpellés par les citoyens pour donner le coup d’accélérateur nécessaire pour construire une économie bas carbone, cherchent à répondre depuis de nombreuses années à ces appels. Mais le compte n’y est pas.

C’est ce que nous ont rappelé avec force, il y a quelques semaines encore, plus de 15 000 scientifiques du monde entier. Que nous disent-ils ? Que le temps presse, qu’il sera bientôt trop tard, qu’à ce rythme, nous n’atteindrons pas l’objectif de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C d’ici la fin du siècle. Et par conséquent, que nous ne pourrons répondre aux défis sans précédents qui nous sont posés : accès à l’eau potable, modèle agricole durable capable de nourrir l’ensemble de la population, gestion des flux migratoires causés par le changement climatique… sans refuser pour autant le droit aux pays émergents à un développement profitable à leur population.

Dans cette course contre la montre, le secteur bancaire et financier doit être aux avant-postes de la construction de l’économie bas carbone. Moteur de l’économie et à la croisée de tous les acteurs, particuliers, entreprises et investisseurs, la banque est capable d’en changer la donne. Au travers de ses leviers de financement et d’investissement, elle peut inciter avec force ses clients à s’engager pour répondre à l’urgence de la situation. 

Comment ? En finançant bien entendu massivement les secteurs d’avenir, comme les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Cela tout en soutenant les entreprises engagées dans l’adaptation de leur stratégie à l’enjeu climatique.

Dans cette course contre la montre, le secteur bancaire et financier doit être aux avant-postes de la construction de l’économie bas carbone.

Aujourd’hui, face à l’urgence, nous devons concentrer les efforts en donnant les moyens à chacun de participer à la transformation de notre économie. Car les solutions sont là, à un coût raisonnable, et n’attendent qu’à être industrialisées. Notre responsabilité en tant que banque, au carrefour de tous les acteurs de l’économie, est donc aussi bien d’apporter aux particuliers les moyens d’utiliser leur épargne comme levier de financement de la transition, que de permettre aux investisseurs de flécher leurs fonds vers des projets verts. Aujourd’hui, à titre d’exemple, BNP Paribas compte déjà 135 milliards d’euros de crédits contribuant directement à l’atteinte des 17 Objectifs de Développement Durable des Nations Unies. Ainsi, la banque figure parmi les 3 premiers acteurs mondiaux dans le domaine des obligations vertes, gère 25 milliards d’euros d’actifs décarbonés, et s’est fixée comme objectif 15 milliards d’euros de crédits dans les énergies renouvelables à  horizon 2020.

nous devons concentrer les efforts en donnant les moyens à chacun de participer à la transformation de notre économie.

J’en suis convaincu les banques - qui ont su être au rendez-vous des précédentes grandes mutations de l’économie et de la société - sauront jouer pleinement leur effet démultiplicateur dans la construction de l’économie bas carbone.

Ce sont là les clés d’une croissance durable, créatrice d’emplois, et plus largement génératrice d’un développement positif pour la société.

Toutes nos parties prenantes l’exigent. Citoyens, clients, investisseurs, collaborateurs, ONG … Tous ensemble, nous devons nous engager avec détermination à atteindre cet objectif 2°C, que les États ne peuvent atteindre seuls. Tous ensemble, nous devons nous engager à aller plus loin, plus vite, et plus efficacement. Il n’y aura pas de gagnant à long terme dans une société qui perd. Ce sont là les clés d’une croissance durable, créatrice d’emplois, et plus largement génératrice d’un développement positif pour la société.

A l’urgence climatique, s’ajoute la nécessité d’en assurer le financement sans laisser de côté les pays émergents et les populations les plus fragiles. Une raison de plus pour que les États, les entreprises, le secteur financier, les chercheurs et le monde de l’économie solidaire élaborent conjointement les solutions d’avenir. C’est ainsi que nous comprenons l’appel du One Planet Summit, initié par le Président de la République, qui invite les acteurs publics et privés le 12 décembre prochain à donner un nouvel élan à leur mobilisation collective.

Source : Le Monde - 08/12/2017

En résumé

  1. Financer les secteurs d’avenir, comme les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. 
  2. BNP Paribas gère 25 milliards d’euros d’actifs décarbonés, et s’est fixé comme objectif 15 milliards d’euros de crédits dans les énergies renouvelables à horizon 2020. 
  3. Le secteur bancaire et financier doit jouer pleinement son effet démultiplicateur dans la construction de l'économie bas carbone.

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