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La semaine économique : Union européenne, exposition à la Chine et sentiment des exportateurs

  • William De Vijlder Directeur de la Recherche Économique
  • Paris
  • 22.02.2019
  • Compte tenu de son poids considérable dans le PIB mondial, le ralentissement de la croissance en Chine impacte le reste du monde 

  • Au cours des 12 derniers mois, les pays les plus exposés à la Chine en termes d'exportations ont enregistré une baisse plus importante de l’évaluation des commandes à l'exportation

  • En Allemagne, on observe une corrélation étroite entre l'indice des directeurs d'achats chinois et l’évaluation des exportations dans le PMI allemand

  • Cela montre que l'Allemagne et, par extension, l'Europe dans son ensemble devraient espérer le succès des récentes mesures chinoises de soutien à la croissance.

En paraphrasant la citation attribuée à Napoléon « lorsque la Chine se réveillera, le monde tremblera », tout laisse à penser que si la Chine s’endormait cela ne passerait pas inaperçu non plus. Après tout, son PIB représente environ 15% du PIB mondial, de sorte qu’une croissance chinoise plus faible devrait affecter beaucoup de pays. L'ampleur de ses effets dépend de la nature du ralentissement (le contenu en importations des composantes d’une demande finale qui freine) et de l'importance de la Chine en tant que partenaire commercial. 

Le graphique 1 (voir Ecoweek) montre, en abscisses, les exportations vers la Chine en pourcentage des exportations totales. En ordonnées figure la variation sur les 12 derniers mois des nouvelles commandes à l'exportation sur base de l’indice des directeurs d’achats. À l’exception des Pays-Bas et de l’Autriche, il semble exister un lien entre le poids de la Chine en tant que pays importateur et la variation du carnet de commandes à l’exportation. Malgré leur exposition plus limitée à la Chine, les Pays-Bas et l'Autriche ont enregistré une forte baisse de confiance à l'égard des exportations, probablement en raison du poids important de l'Allemagne dans leurs exportations (respectivement 24% et 30%) et du ralentissement considérable de la croissance allemande en 2018. En ce qui concerne l’Allemagne justement, le graphique 2 (voir Ecoweek) montre la corrélation étroite entre l’indice Caixin des directeurs d’achat pour la Chine et l’évaluation des exportations selon le PMI allemand. Les développements en Chine n’expliquent pas tout, mais il est clair que l'Allemagne et, par extension, l'Europe dans son ensemble ont intérêt à ce que les mesures de soutien de la croissance adoptées récemment par la Chine soient couronnées de succès.