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Portrait d’intrapreneure : Céline Pernot-Burlet, l’intrapreneure qui dessinait l’impact

  • Mathilde Cristiani Copywriter & storyteller
  • Paris
  • 14.11.2019

Depuis 2017, le People’sLab4Good, le programme d’intrapreneuriat de l’Engagement d’entreprise, accueille 100% de projets ayant un impact positif sur la Banque et sur la société. BNP Paribas propose une série de portraits consacrée à ces #Intrapreneurs4Good.

Faire du dessin un mode de communication reconnu en interne comme en externe pour une Banque ? C’est le pari qu’a réussi Céline Pernot-Burlet. En 2015, la jeune femme intègre la première promotion de l’incubateur d’intrapreneurs People’s LAB avec deux buts : populariser la facilitation graphique et valoriser le côté slasheur en entreprise. Elle lance la « tribu des agiles », un service qui permet à un salarié qui a des compétences utiles au Groupe de réaliser des missions courtes en parallèle de son activité. La tribu lui permet de faire connaître en interne et de démontrer l’utilité de la facilitation graphique, qui résume de façon visuelle des concepts complexes, des conférences, des événements… Son nouveau cheval de bataille, désormais, est de mettre cette arme de vulgarisation au service du 4Good, en en facilitant la compréhension et en accompagnant des projets à impact positif. Portrait d’une femme pour qui l’intrapreneuriat a été le moyen de concilier créativité et vie professionnelle, en poursuivant un but : l’impact positif. 

concilier créativité et vie professionnelle, en poursuivant un but : l’impact positif.

La créativité en bandoulière

Et la créativité, c’est un peu le fil conducteur qui relie toutes les différentes parties de la vie personnelle et professionnelle de l’intrapreneure.  « J’ai toujours dessiné. Je me souviens que petite je disais que je voulais devenir dessinatrice de livres pour enfants », nous confie-t-elle ainsi dès le début de notre échange. Mais cette petite voix, ce besoin intérieur, elle aura mis du temps à l’écouter. « Quand j’ai commencé mes études, je me suis retrouvée partagée entre mon envie de me lancer dans une carrière artistique, et le côté rationnel, qui me soufflait qu’il fallait avoir un métier sérieux, gagner sa vie ». Elle choisit le versant rationnel, et se lance dans des études d’ingénieur, avec option informatique, « pour me spécialiser dans l’image de synthèse, le numérique. C’était ma manière à l’époque de relier ce choix à mon côté artiste ». Elle effectue ensuite ses premiers pas dans le monde du travail dans des entreprises créatives, mais au service informatique. Pendant 15 ans, c’est principalement en dehors de son travail qu’elle s’engage sur des projets créatifs. Elle découvre à ce moment-là un univers qu’elle ne connaissait pas : « Mon côté slasheur a commencé à se manifester, je me suis mise à mener des projets de communication visuelle en sous-marin ». La communication devient une passion. Et cette façon de travailler de façon transversale lui confirme son besoin de faire avant tout quelque chose qui lui plaît et qui est utile, quitte à déborder des lignes des fiches de poste qu’elle a toujours honnies. 

La tentative de l’entrepreneuriat

Pendant sa deuxième grossesse, elle est licenciée économique. Pour elle, c’est le signe qu’il est temps de se lancer dans le bain de l’entrepreneuriat, qu’elle voit comme le moyen de vivre enfin de sa créativité : elle crée son entreprise de production de clips vidéo pour des particuliers. Le modèle ne fonctionne pas économiquement. Surtout, la jeune femme se rend compte que l’entrepreneuriat ne lui convient pas. « J’avais en effet le besoin de faire quelque chose qui me plaît et dans lequel je suis autonome. Mais j’avais également autant besoin de savoir combien j’allais toucher à la fin du mois ». Elle décide de trouver un poste dans une grosse structure, convaincue qu’elle pourra y trouver la latitude dont elle a besoin, en profitant d’un cadre rassurant. C’est le début d’un nouveau tournant dans sa carrière : elle entre dans le Groupe BNP Paribas en 2005, au départ pour travailler sur un projet au niveau informatique. Elle continue cependant à proposer ses compétences en communication visuelle. Et en 2008, elle intègre officiellement la filière communication, en devenant responsable de la communication d’un département IT  puis dans un autre service. « Avec le recul, je me rends compte que j’ai créé mon poste de communicante alors que je ne l’étais pas à la base ». 

La découverte de la facilitation graphique

Là, elle constate que les collaborateurs de la quarantaine de pays qui constituent le pôle dans lequel elle travaille ne connaissent pas réellement les activités de leurs pairs. Pour elle, bien communiquer passe aussi par bien se connaître : elle décide de créer un socle commun de connaissances, et pour simplifier ce socle, elle se met à dessiner les concepts. « J’ai alors découvert que ce que j’avais fait d’instinct s’appelait la facilitation graphique ». Il s’agit tellement d’une révélation qu’elle ambitionne d’en faire son travail à plein temps. 

Pour cela, il faut populariser la discipline et en montrer l’utilité en interne. Elle imagine alors la tribu des agiles, pour permettre aux collaborateurs de valoriser en interne des compétences qu’ils ont développées et qui peuvent intéresser d’autres métiers, comme la facilitation graphique évidemment, mais aussi l’intelligence collective, l’animation de tables rondes, la photographie ou la réalisation de vidéos. Le projet plaît, et elle intègre en 2015 la première promotion de l’incubateur d’intrapreneurs de BNP Paribas, le People’sLAB – devenu aujourd’hui le People’sLab4Good

« J’ai constitué une tribu d’une trentaine de personnes et structuré les services. J’ai popularisé ce qu’on appelle le scribing de conférences internes ou de partenaires, pour donner un résumé visuel des messages clés et de ce qu’il s’est passé ». L’impact ? « Les métiers se sont vite rendus compte que cela constituait de bons supports de communication internes et externes ». Elle lance également des formations à la facilitation graphique pour faire rayonner la discipline. 

J’ai constitué une tribu d’une trentaine de personnes et structuré les services. 

Sketchnote réalisé durant la Journée du Refus de l’échec Scolaire #JRES organisé par l’AFEV, dans le cadre du Million d’heures de l’Engagement d’Entreprise.

Se sentir enfin pleinement intrapreneure

Nommer le concept m’a permis de me sentir légitime, d’évoluer avec d’autres personnes qui avaient des manières de fonctionner qui restaient atypiques dans le Groupe.
C’est aussi à ce moment-là qu’elle comprend que son fonctionnement depuis le départ est celui d’une intrapreneure. 

« Nommer le concept m’a permis de me sentir légitime, d’évoluer avec d’autres personnes qui avaient des manières de fonctionner qui restaient atypiques dans le Groupe ». Et qu’elle identifie l’impact de cette façon de mener les projets sur la transformation de l’entreprise. « Tout le monde n’a pas vocation à devenir intrapreneur et je ne pense pas que ce soit souhaitable, mais la montée en puissance de l’intrapreneuriat montre qu’il y a d’autres façons de travailler, qu’il existe de multiples compétences, qui peuvent toutes avoir leur place en entreprise ».

De l’impact RH à l’impact sur la société

L’intrapreneuriat pour faire de sa passion son métier et avoir un impact sur les modes de travail, donc. « Pour la première fois, je me sentais pleinement à ma place », nous confie-t-elle ainsi en souriant. Mais pour l’intrapreneure, qui s’intéresse de près à l’inclusion, à l’insertion scolaire et à la défense de l’environnement, la facilitation graphique doit pouvoir jouer d’autres rôles au service de l’entreprise et de la société. Là encore, le cheminement est progressif. « J’étais convaincue qu’on ne pouvait pas être connecté à ses valeurs dans sa vie professionnelle ». Elle a le déclic en commençant à réaliser des missions de facilitation graphique en externe, pour des partenaires du Groupe et via la Maison des Artistes. Ces activités la font repérer par Ashoka, association internationale d’entrepreneurs sociaux, et par La France s’engage, qui la missionnent pour sketchnoter certains de leurs événements.

« C’est à ce moment-là que j’ai mis le doigt sur cet environnement, et commencé à saisir l’impact de la facilitation graphique pour sensibiliser sur ces thématiques sociales. Je me suis rendue compte que je pouvais avoir un impact en interne, mais aussi en externe, grâce à mon activité d’intrapreneure ». Et d’ajouter : « En parallèle, le People’sLab4Good a été créé, et c’est comme si tout s’était à ce moment-là imbriqué » : elle intègre l’équipe et se met à sketchnoter les projets des intrapreneurs, pour en faciliter la compréhension et la diffusion, couvre des événements de l’économie sociale et solidaire dont elle véhicule les messages... 

Je me suis rendue compte que je pouvais avoir un impact en interne, mais aussi en externe, grâce à mon activité d’intrapreneure.

Pendant l’été 2019, elle passe à l’échelle : elle co-organise et accueille l’International Sketchnote Camp (#ISC19FR), l’événement annuel de la communauté de sketchnoteurs qui a rassemblé 170 personnes cette année. Son but derrière le projet : rendre à la communauté le soutien dont elle a bénéficié quand elle s’est lancée dans la discipline. Mais aussi et surtout en profiter pour évangéliser autour de l’impact positif et sensibiliser un maximum de personnes à la force de frappe qu’elles peuvent avoir sur le sujet. « Je suis convaincue que nous avons un rôle à jouer dans la transformation positive de la société : nous rajoutons une couche de compréhension, nous permettons à des notions, des projets, d’être mieux compris et de faire plus vite mouche. Organiser cet événement a constitué un vrai projet d’acculturation, de pédagogie, pour sensibiliser au 4 Good et en démultiplier l’impact ».

Je suis convaincue que nous avons un rôle à jouer dans la transformation positive de la société.

L’intrapreneuriat pour développer l’impact du 4Good

Et la suite ? Continuer à transmettre la pratique de la facilitation auprès d’un maximum de collaborateurs. « Si l’on veut changer les façons de travailler, il faut commencer par des méthodes simples, mais qui ont un impact fort ». Pour cette « collaboratrice augmentée », l’intrapreneuriat est également un levier formidable de l’impact positif, en interne comme en externe

« Je ne me vois pas travailler autrement qu’en mode intrapreneure, pour développer le 4Good, en accompagnant les porteurs de projet vers plus de visibilité, et en aidant de plus en plus de personnes à connaître et se lancer dans le business à impact positif », confie-t-elle comme une évidence. « C’est ça aussi, être intrapreneure ! ». 

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