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Portrait d'intrapreneur, David Amsellem : profession, serial intrapreneur

  • Mathilde Cristiani Copywriter & storyteller
  • Paris
  • 31.01.2018

Depuis septembre 2014, le People’s LAB encourage les collaborateurs qui ont une idée innovante à la transformer en produit ou service intégré aux activités du Groupe. Un moyen de devenir acteur de l’avenir de son entreprise et de créer de nouveaux modes de travail en interne. Nouveau volet d’une série de portraits consacrée à ces collaborateurs entrepreneurs.

Géomètre, journaliste, consultant marketing, chef de projets IT… David Amsellem est encore tout jeune mais a déjà vécu mille vies. Obtenu une multitude de diplômes. Pratiqué toute une palette de métiers. C’est presque comme une suite logique qu’il s’est essayé à l’intrapreneuriat, en intégrant l’accélérateur d’intrapreneurs de BNP Paribas. Un costume qui s’est révélé sur mesure et qu’il n’a depuis plus quitté. Rencontre avec un passionné pour qui la résilience et le mode projet sont devenus de véritables moto.

« Finalement, j’étais intrapreneur depuis toujours sans le savoir ». La phrase, confiée après quelques minutes d’échange sur son parcours, résume bien le personnage, en perpétuel mouvement. Le jeune homme postule en 2016 à la deuxième promotion du Peoples’ LAB, avec l’envie de lancer un module de paiement connecté relié à un porte-monnaie électronique. 

Finalement, j’étais intrapreneur depuis toujours sans le savoir.

Pendant les trois mois du programme, il change pas moins de deux fois de cible, s’associe à un autre intrapreneur, présente un projet qui est validé mais qu’il doit ensuite mettre de côté, avant de s’associer au développement d’une solution de gestion des dépenses entre proches. Un cheminement loin d’être de tout repos, mais qui lui correspond. 

Du chef de projets insatiable à l’intrapreneur

Car si on regarde son parcours, une chose saute aux yeux : depuis toujours, David Amsellem est un adepte du Test and Learn. Parfois même un peu trop, admet-il ! « Je suis ingénieur de formation, géomètre spécialisé dans les technologies spatiales ». Après quelques stages dans le secteur et avoir failli mourir trois fois sur des chantiers (sic), il décide de raccrocher et prend un virage plutôt radical : « je me suis lancé dans un DESS de journalisme scientifique ». Une fois diplômé, il enchaîne les piges mais ne se reconnaît pas dans la tournure que prend sa carrière. Il ne se laisse pas abattre et se réoriente : « je me suis lancé dans un master de gestion des entreprises option marketing ».

Fort de ces expériences, il pratique plusieurs métiers au fil des années : dans l’immobilier, le conseil en marketing, en stratégie, dans le test logiciel, dans l’événementiel… En 2008, il est embauché chez BNP Paribas, comme chef de projet IT.

En parallèle, il développe plusieurs idées de projets sur son temps libre, autant pour l’interne qu’en externe. « J’avais pensé transformer les agences bancaires en agences immobilières. Ou à équiper les collaborateurs de chargeurs solaires pour leurs téléphones professionnels », raconte-t-il. Autant de projets qui restent néanmoins à l’état embryonnaire. « Je n’avais pas la méthode pour les mener à bien », reconnaît-il. « J’étais trop enthousiaste. C’est là qu’est arrivé le People’s LAB ». Une formation qui lui permet de passer du statut de "Géo Trouvetou" à celui d’intrapreneur, avec une réelle capacité d’exécution et d’adaptation.

Le quotidien de l’intrapreneur ? Aller de pivot en pivot

Son idée ? « Créer un module de paiement connecté relié à un porte-monnaie électronique. Je voulais que le paiement se fasse depuis un porte-clés connecté au téléphone, qui aurait autorisé les paiements sur un compte de débit », explique-t-il. Au départ, le projet s’adresse aux enfants. Mais il réalise vite qu’il doit changer de cible, et plutôt s’intéresser aux adolescents. Ce premier pivot est vite suivi d’un deuxième : il s’associe à Chadi Elie Saliba, un autre participant de la promotion du People’s LAB. 

« Au fil du programme, nous nous sommes rendus compte que nos idées étaient proches : mêmes investisseurs, deux solutions techniques identiques mais avec deux services différents. Lui ciblait les couples et moi les jeunes. Du coup nous avons fait le pari de nous réunir pour lancer un dispositif unique mais plus englobant, autour de la famille ».

Réfléchir écosystème pour réussir 

A la fin du programme, le binôme pitche devant un panel d’investisseurs. Le projet est validé, et soutenu. « Ma responsable a proposé que je sois dédié à 100 % sur le projet pendant 6 mois ». 

Nous étions en mode développement d’une startup. En nous ouvrant son carnet d’adresse, ma responsable nous a remis sur les rails de l’intrapreneuriat, et permis de réfléchir écosystème.

La manager apporte également un autre point important à la réalisation de la solution : elle la replace au sein de l’écosystème interne. « Nous étions en mode développement d’une startup. En nous ouvrant son carnet d’adresse, elle nous a remis sur les rails de l’intrapreneuriat, et permis de réfléchir écosystème ». L’intrapreneur, qui travaille de nouveau principalement seul avec le retour de son binôme à Toulouse, poursuit donc son entreprise. Preuve que ce type de solution est clé : la banque s’est positionnée sur des projets similaires (rachat du compte Nickel…) peu après la fin du programme d’intrapreneuriat. « Nous avons dû de nouveau faire un choix : arrêter ou trouver une plus-value différenciante ». En clair : de nouveau pivoter. Evidemment, c’est la seconde solution qui est retenue.

Quand savoir s’adapter paie 

Et le calendrier lui est favorable : peu après, David Amsellem est contacté par le Lab d’innovation de son entité, PACE. Celui-ci souhaite sa contribution pour le lancement d’un produit dédié au partage des dépenses. « C’est comme ça qu’est né SquareCount, une solution de gestion des dettes entre amis. Le projet existait déjà, impulsé par le Lab de l’entité et Cédric Levy. Nous y avons reversé tout notre parcours client, notre expérience et notre expertise sur le partage de la dépense. Nous avons juste dû faire une croix sur la partie moyen de paiement ». Aujourd’hui, la solution est en test, à la recherche d’un investisseur en interne, dans le but d’être lancée sur le marché national. 

Transformer les collaborateurs en intrapreneurs

Son projet initial ne verra jamais le jour, donc, mais il ne s’en plaint pas. Bien au contraire. Car pour lui, intégrer l’incubateur interne de BNP Paribas l’a aidé non pas à développer une idée mais à confirmer ce qu’il était. « Le côté exceptionnel du People’s Lab, c’est qu’il transforme les collaborateurs en intrapreneurs. Aujourd’hui, je me vis pleinement comme un intrapreneur », nous confie-t-il. « Je vis chaque lancement de projet comme le CEO d’une startup. Je réponds à chaque « pain point » (point de frottement) de façon autonome ». Une façon d’être qui change la façon de travailler, pour le collaborateur comme pour son entreprise. Reste que pour que cela fonctionne, il faut que l’écosystème de l’intrapreneur soit partie prenante : « Je suis intrapreneur aussi parce que mes responsables me donnent les moyens de le rester : ils ont identifié le potentiel de l’état d’esprit intrapreneurial pour la gestion des projets et les personnes ».

Le côté exceptionnel du People’s Lab, c’est qu’il transforme les collaborateurs en intrapreneurs.

Un avenir intra et entrepreneurial

La suite, David Amsellem l’envisage du coup comme une succession d’idées à tester, et à réaliser. Le jeune homme confie ainsi avoir déjà en tête un nouveau projet. Le mènera-t-il en interne ou en externe ? Il ne le sait pas encore. « Je pense qu’il s’agira surtout d’opportunités qui se présentent ». Pour lui, l’important n’est pas là. « Les deux sont assez proches, beaucoup de startup se focalisent sur le B2B. Une entreprise qui a pour client principal BNP Paribas est presque une startup interne », juge-t-il. 

Et qu’on ne lui dise pas que mener un projet entrepreneurial en interne est plus confortable. « La notion de risque n’est certes pas là même, mais là encore tout est relatif : le risque de se dévaloriser n’est pas à minimiser. Un intrapreneur met sa carrière en jeu ». Mais, conclue-t-il, nous sommes dans un contexte favorable. « Les expériences, entrepreneuriales ou intrapreneuriales, sont de plus en plus considérées comme bénéfiques au sein du groupe. Dans mon entité, le droit à l’erreur est reconnu et valorisé. Les choses changent ! ». 

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