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Le développement durable au cœur des deux projets ivoiriens du People’sLab4Good

  • 13.07.2018

Lutter contre le décrochage scolaire en créant des jardins potagers pour nourrir les élèves et dynamiser l’économie locale. Produire du biogaz à partir de déchets organiques pour cuisiner ces produits. Focus sur deux projets à impact positif menés par les intrapreneurs ivoiriens de la première promotion du People’sLab4Good.

« Un homme qui a faim n’est pas un homme libre. » C’est par cette citation d’Adlai Stevenson que Yéli Touré, Joseph Zamble et Franck-Michel Amon, respectivement juriste, inspecteur en direction générale et responsable de l’efficacité opérationnelle à la BICICI, filiale de BNP Paribas en Côte d’Ivoire, aiment introduire Lilidè et 10GS’ Impact, les projets d’intrapreneuriat qu’ils portent au sein du People’s Lab4Good

Ce programme de la Direction de l’Engagement de BNP Paribas, permet aux collaborateurs du Groupe de transformer des graines d’idées en projets viables, dans l’optique de combiner leur métier et la société. La promotion 2018 du People’sLab4Good compte 15 intrapreneurs d’entités diverses et venant de quatre pays différents. 

Axés autour de l’alimentation des écoliers, Lilidè et 10GS’ Impact répondent à plusieurs des 17 Objectifs de Développement Durable fixés par l’ONU, avec des retombées tant au niveau de l’éducation, que de l’emploi, de la situation des femmes et de l’écologie.

Lilidè, un lieu de restauration  contre la déscolarisation

En Côte d’Ivoire, pas moins de 300 000 enfants décrochent du système scolaire chaque année, notamment en raison d’un trajet domicile-école trop long, qui les empêche de rentrer déjeuner chez eux le midi. Lilidè, ou  « Lieu de restauration », le projet de Yéli et Joseph, s’attaque à ce problème en permettant à des enfants de régions défavorisées d’étudier sans se soucier de la question de ce qu’ils pourront manger. Pour y parvenir, ils envisagent de créer des jardins potagers et fruitiers à proximité d’écoles et de collèges en zones rurales de Côte d’Ivoire, afin d’apporter des aliments frais et sains à leurs cantines. 

Les potagers seraient cultivés avec des techniques durables par des femmes regroupées en coopératives et rémunérées avec une partie des récoltes, ainsi que des collégiens, pour les sensibiliser à l’agriculture responsable et à l’entrepreneuriat. Deux sites pilotes sont prévus dans un premier temps à Aboisso et Dabou, au sud-Comoé, une région rurale au sud-est de la Côte d’Ivoire. Une partie des récoltes sera commercialisée, ce qui permettra de financer l’implémentation du modèle ailleurs en Côte d’Ivoire ou à l’international.

L'expérience de Joseph, Yéli et Franck-Michel au People’sLab4Good

10GS’ Impact : de l’énergie pour alimenter les cantines

Le projet de Franck-Michel, 10GS’ Impact, est complémentaire à Lilidè et s’implante dans les mêmes zones rurales : il consiste à y installer des digesteurs, c’est-à-dire des cuves générant du biogaz à partir de déchets organiques, grâce à un procédé de méthanisation. « Au lieu de jeter de l’énergie à la poubelle, les enfants apprendront à les réinjecter dans les digesteurs pour pouvoir produire du gaz qui va garantir la confection des repas dans leurs cantines scolaires », explique-t-il.   

« Comme pour le projet Lilidè, 10GS’ Impact permettra aux enfants de manger à leur faim et suivre les cours dans des conditions correctes. Il y a aussi un volet « éducation », tant sur le côté agricole qu’industriel, par rapport aux digesteurs qu’il va falloir entretenir : cela donnera aux enfants l’occasion d’apprendre un métier et les encouragera à entreprendre pour être autonomes. » En cas d’excédent de biogaz, les digesteurs pourraient également alimenter des agences de la BICICI en électricité.

Au lieu de jeter de l’énergie à la poubelle, les enfants apprendront à les réinjecter dans les digesteurs pour pouvoir produire du gaz qui va garantir la confection des repas dans leurs cantines scolaires.

Des projets ambitieux et des succès déjà au rendez-vous

À l’issue de quatre mois d’accompagnement par le People’sLab4Good, Yéli, Joseph et Franck-Michel ont en main tous les outils nécessaires au lancement de leurs projets. Prochaine étape dans leur démarche d’intrapreneurs : pitcher face à des investisseurs internes pour le financement de Lilidè et 10GS’ Impact. Faim « zéro », éducation de qualité, égalité entre les sexes, énergie propre et d’un coût durable, travail décent, communautés durables, consommation et production responsables… Les retombées positives de ces projets dépassent de loin les questions d’image et de captation de nouveaux clients pour la BICICI et BNP Paribas, qui s’inscrivent ainsi dans un véritable écosystème vertueux à un niveau local

Si le programme est ambitieux, ces Intrapreneurs4Good n’avancent pas seuls. Ils ont su élargir leur écosystème en échangeant avec des interlocuteurs extérieurs à leurs métiers d’origine, comme des experts en techniques agricoles en local et à l’international, mais aussi le directeur adjoint du cabinet du Ministère de l’Education Nationale et la directrice des cantines scolaires de Côte d’Ivoire. Voyant en Lilidè la réponse à un problème national de longue date, ces derniers ont proposé à Yéli et Joseph de réfléchir ensemble aux actions de soutien du gouvernement, telles que la mise à disposition de terrains ou la mobilisation de groupements de femmes impliquées dans le projet.

Le People’sLab4Good aura ainsi constitué une réelle expérience transformatrice pour ces intrapreneurs ivoiriens qui ont acquis de nouvelles compétences, mais aussi davantage de confiance et de légitimité. « Il a fait naître une guerrière », témoigne Yéli, auparavant très discrète. Porteurs de nouvelles méthodes de travail, Yéli, Joseph et Franck-Michel aiment partager et faire rayonner leurs apprentissages auprès de leurs collègues de la BICICI. Ils donnent cette envie d’oser, d’utiliser l’intrapreneuriat comme levier d’actions positives pour l’écologie et la société.

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