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Rome - Richard Gasquet ou "le vide intégral" (AFP)

  • 05.05.2008
"Le vide intégral": Richard Gasquet, N.9 mondial, a ainsi résumé, sans se chercher d'excuses, son élimination par le modeste Péruvien Luis Horna (6-4, 6-1), 111e mondial et issu des qualifications, au premier tour du Masters Series sur terre battue de Rome, lundi.
Alors que Roland-Garros (25 mai-8 juin), sommet de la saison sur l'ocre, approche à grands pas, le N.1 français est en train d'accumuler les résultats catastrophiques.
Incapable de franchir les quarts de finale d'un tournoi depuis le début de l'année, éliminé au 2e tour à Monte Carlo par un Américain méconnu, Sam Querrey (2-6, 6-4, 6-3), lors de sa dernière apparition, il a réussi à faire encore moins bien face à Horna. Son jeu s'effiloche dangereusement.
Car le Péruvien a beau être un bon spécialiste de la terre, il n'a pas sorti "le match de sa vie" pour battre le Français. Il s'est simplement contenté de jouer correctement, laissant son adversaire sombrer de lui-même.
"C'est mon pire match de l'année, j'étais perdu", a admis Gasquet, assurant qu'au cours de l'entraînement du matin, il avait eu de bonnes sensations: "Je ne m'attendais pas à ce match. J'étais content d'être ici, content de jouer".

"Nullité extrême"
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Il a joué normalement jusqu'à 3-3 dans le premier set. Puis, breaké une première fois, il s'est ensuite totalement écroulé, laissant Horna conclure tranquillement en 1h00.
"Après avoir perdu le premier set, j'ai perdu ma confiance, j'ai eu un gros sentiment de panique, a-t-il expliqué. Le 2e set, ça a été le vide intégral, plus rien ne s'est passé dans ma tête. Aujourd'hui, n'importe qui dans le tableau aurait pu me battre."
"Soit je suis très haut, soit je suis très bas. J'ai toujours été comme ça. Là, je suis très bas. Je ne pouvais pas faire pire. Je suis d'une nullité extrême. C'est terrible", a-t-il insisté, dépité et sans se chercher
d'excuses, un quelconque mal de dos ou de gorge.
Alors, justement, où est le problème? L'interessé n'en sait manifestement rien lui-même. "Il faut que je joue, que je gagne, que je prenne du plaisir", a-t-il simplement dit.
"J'avais très envie de venir, envie de jouer. Mais, une fois sur le court, c'est la panique totale", a-t-il répété, ajoutant: "Je ne suis pas plus con qu'un autre, je vois bien ce qu'il faut faire, mais cela ne suit pas...".
Pour autant, Gasquet a assuré qu'il n'était "pas déprimé", juste "très déçu". "J'ai connu des passages pires dans ma carrière, a-t-il poursuivi. Je vais jouer le double (avec Fabrice Santoro, ndlr), puis essayer de me reprendre à Hambourg avant d'aller à Roland-Garros."

gle/aj

(AFP)