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Roland-Garros - Où en sont les stars - Nadal face à une double menace (AFP)

  • 23.05.2008
Star de la chanson française aujourd'hui, Yannick Noah a aussi gagné Roland-Garros il y a 25 ans et histoire de célébrer
l'anniversaire, l'original quadragénaire a décidé de rejouer le match contre le Suédois Mats Wilander, vendredi sur une péniche à Paris.
Premier - et toujours seul - Français à s'être imposé sous l'ère open (1968) lors du grand chelem parisien, Noah est la référence. Celle qu'on aimerait bien pourtant que le tennis tricolore arrive à dépasser mais en attendant le nouvel élu, on a de cesse de se remémorer ces moments fabuleux où Noah leva les bras au ciel avant de courir dans les bras de son père Zacharie qui avait sauté des gradins.
"Toute ma vie, je verrai ça, se souvient son entraîneur Patrice Hagelauer. Je n'avais jamais vu un truc comme ça. +Zach+ qui court vers Yannick et les deux qui s'embrassent."
Noah venait de battre le tenant du titre suédois en trois sets (6-2, 7-5, 7-6) et deux heures et demie de jeu le 5 juin 1983. Le Tricolore venait de fêter ses 23 ans et s'offrait le rêve de tout joueur français: gagner Roland-Garros.
"On a gagné, on a gagné !" avait lancé à l'infini Yannick Noah, tombé juste après dans les bras d'Hagelauer. "Ce que j'ai ressenti à ce moment-là est particulier. Yannick est assez partageur, il gagne pour lui mais autant pour les autres si ce n'est plus. Il me serre dans ses bras dans un temps qui me parait infini. J'étais collé contre lui et sa transpiration. Ce sont des
moments complètement inoubliables", raconte le mentor, qui a guidé le poulain depuis ses 17 ans.

Destinée
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Hagelauer se souvient nettement de la balle de match, de la pression énorme sur Noah mais aussi de l'incroyable effervescence dans le public. "Quand Wilander me parle de cette finale, il me raconte qu'il a passé son temps à admirer Yannick. Il aurait voulu être Yannick parce qu'il y avait une telle effervescence. Le public dégageait presque de l'amour pour Yannick. C'était assez faramineux. Wilander, lui, regardait tout ce qu'il se passait autour de Yannick et ça le gênait pour pouvoir jouer."
Fort de sa détermination, de son physique imposant et de la masse de travail qu'il avait accumulée les mois précédents, Noah a su gérer le stress qui l'a accompagné sur le court ce jour-là pour accomplir sa destinée et combler un public en mal de champions.
"Avant Yannick, fin des années 70 début des années 80, dans le sport français, on était considéré comme des loosers. Yannick avait aussi ce désir de prouver qu'en France, on pouvait gagner quelque chose", explique Hagelauer qui voit plus loin: "En 1991, quand on gagne la Coupe davis, la 1re année où Yannick est capitaine, c'est la même chose. Le fait qu'on ait gagné, ça a aussi déclenché quelque chose dans le sport français. Ca a peut-être entrouvert la porte à des équipes qui se sont dit: 'pourquoi pas nous'."
De cette victoire, qu'il a eu tant de plaisir à partager avec le public, Noah n'en a que très peu parlé et n'a conservé dans le sous-sol de sa maison que sa raquette. Devenu chanteur à succès à plein temps dès 2002, le généreux Noah n'a pourtant rien oublié du match de sa vie qu'il rejouera avec malice face à son ami.

sc/syd

(AFP)