La banque d'un monde qui change

MONTE CARLO, 24 avr 2008 (AFP)
Richard Gasquet a replongé dans le doute en se faisant battre 2-6, 6-4, 6-3, jeudi en huitièmes de finale du tournoi de Monte Carlo par Sam Querrey, un Américain allergique à l'ocre, entraînant avec lui le tennis français, qui n'a plus de représentant en Principauté.
Le deuxième Tricolore encore en lice en huitièmes de finale, Gaël Monfils, n'a en effet pas réussi à inquiéter le N.1 mondial Roger Federer, vainqueur 6-3, 6-4, comme il y a un mois à Miami.
Facile contre le Belge Kristof Vliegen au premier tour, Gasquet semblait pourtant s'être remis de la polémique née de son attitude jugée désinvolte lors du quart de finale de Coupe Davis perdu aux Etats-Unis il y a dix jours, et des problèmes de dos qui lui avaient compliqué la tâche à son retour en Europe.
Il avait même affirmé mercredi ne s'être "jamais senti au fond du trou", malgré des résultats très décevants depuis le début de la saison pour un Top 10 mondial (pas un seul quart de finale en sept tournois disputés).
Un jeu malheureux à 3-3 au deuxième set, durant lequel il a manqué sept occasions de prendre le service de son adversaire, a suffi à transformer en calvaire un match qui avait commencé comme une promenade de santé.
"Je suis tout près de gagner. Ces balles de break me font beaucoup de mal. Sur la fin, j'ai un peu paniqué. J'ai manqué de fraîcheur mentale", a avoué le Biterrois, qui avait déroulé tranquillement son tennis pendant un set et demi face à Querrey, un grand serveur d'1,98 m, classé 50e mondial.
Difficile de donner les raisons d'un tel effondrement. "C'était un peu le dos, un peu le manque de préparation sur terre battue. Les matches qui vous échappent, c'est parfois dur à expliquer", a dit Gasquet, dépité.

Monfils dominé
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Le N.1 français va faire l'impasse sur le tournoi de Munich et "se reposer un peu". "Sortir du tennis pendant quelques jours, ça ne me fera pas de mal", a-t-il admis.
Pour le camp tricolore, qui comptait sur le début de la saison sur terre pour se remettre de l'élimination en Coupe Davis, c'est raté. Après la sortie de sept des huit Français engagés au premier tour, et avant le coup de grâce infligé par la défaite de son N.1, Gaël Monfils avait déçu contre Roger Federer.
Bien entendu, nul ne peut se reprocher de perdre, même en deux sets, contre le N.1 mondial, même si le Suisse semblait vulnérable après sa quasi sortie de route de la veille contre un Espagnol inconnu.
"On a l'impression que j'aurais pu lui mettre deux sets comme ça mais il joue quand même très bien. Ce sont les journalistes qui tentent de le démythifier. Moi, je pense qu'il est toujours ce qu'il est", a dit le Parisien, blessé de septembre à mars dernier.
Mais Monfils a tout de même reconnu qu'il "aurait pu faire batailler plus" son adversaire. Le suspense n'a en fait duré que quatre jeux, le temps pour le Français de mener 3 jeux à 1 en profitant de quelques fautes du N.1 mondial. Puis Federer a pris la direction des échanges et Monfils n'a jamais été capable de changer de rythme.
"Une fois que tu prends la main du fond du court, il a dû mal à jouer en attaque. Il aime bien être loin derrière la ligne et quand ça ne marche pas il est encore peut-être un peu limité", a expliqué le Suisse.

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(AFP)