La banque d'un monde qui change

MONTE CARLO, 20 avr 2008 (AFP)
Après avoir mangé son pain noir pendant neuf mois sur les courts en dur, Rafael Nadal retrouve "sa" terre battue cette semaine au tournoi de Monte Carlo, où il vise un quadruplé inédit.
L'Espagnol n'a plus gagné le moindre titre depuis le tournoi de Stuttgart, le dernier qu'il ait disputé sur sa surface préférée, en juillet.
Nadal a fait un solide début d'année 2008, avec deux finales (Madras, Miami) et deux demi-finales (Open d'Australie, Indian Wells) en six tournois joués, mais contrairement aux trois saisons précédentes, il arrive en Principauté à la recherche de son premier trophée.
D'où l'importance pour lui de marquer les esprits dès le début de la tournée européenne sur terre battue et de balayer les interrogations sur un possible déclin.
S'il l'emportait pour la quatrième fois de suite, le Majorquin dépasserait au palmarès quelques légendes du tennis, Bjorn Borg, Guillermo Vilas, Thomas Muster et Ilie Nastase, restés à trois victoires.
Plus que celui de Nadal, c'est l'état de forme de son grand rival, Roger Federer, qui suscite l'inquiétude depuis le début de la saison.
Le Suisse a subi une série de revers totalement inhabituels contre des joueurs qu'il battait à tous les coups, comme les Américains Mardy Fish et Andy Roddick, ses deux derniers vainqueurs en date.

Les adieux de Guga
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Coup de barre passager, dû en grande partie au virus qui l'a affaibli pendant la période des fêtes, ou retournement de tendance ? Sa victoire dimanche à Estoril, où il jouait sa première finale de l'année, n'a pas apporté de vrai élément de réponse. Federer a profité de l'abandon de Nikolay Davydenko en finale et avait lâché deux sets en cours de semaine contre des adversaires modestes (Olivier Rochus et Denis Gremelmayr).
En tout cas le toujours N.1 mondial devra se rapprocher rapidement de son meilleur niveau s'il veut atteindre pour la troisième fois d'affilée la finale, car ce sont en principe David Nalbandian puis Novak Djokovic qui tenteront de lui barrer la route en quart puis en demi-finale.
Comme Nadal, mais en sens inverse, le Serbe veut maintenant prouver qu'il peut s'imposer hors de son terrain préféré, le dur. Numéro un du début de saison grâce à ses victoires à l'Open d'Australie puis à Indian Wells, il a tout pour briller aussi sur surface lente: la solidité du fond du court, l'intelligence et la patience. Ses références déjà solides sur l'ocre le montrent (1/2 finaliste de Roland-Garros et vainqueur à Estoril l'an dernier).
Les premières balles ont été échangées dès dimanche mais un seul match sur les quatre prévus a eu lieu à cause de la pluie. En attendant les favoris, en lice à partir de mardi, la grande attraction de la deuxième journée sera Gustavo Kuerten, qui a choisi Monte Carlo comme première étape européenne de sa tournée d'adieu. Le Brésilien de 31 ans, vainqueur en principauté en 1999 et 2001, affrontera le Croate Ivan Ljubicic.

fbx/de

(AFP)