La banque d'un monde qui change

Le Château de Versailles présente, avec le soutien de la Fondation BNP Paribas, la restauration du plafond de Mercure dans le salon des Nobles de la Reine

  • 28.11.2003
Après un an de travaux, le grand public va pouvoir redécouvrir le plafond de Mercure, peint par Michel II Corneille dans le salon des Nobles de la Reine, restauré avec le soutien de la Fondation BNP Paribas.

Cette action de mécénat s'inscrit dans le cadre du programme "BNP Paribas pour l'Art", qui a permis à ce jour de restaurer une soixantaine d'oeuvres d'art abritées dans une quarantaine de musées de France. Elle marque une nouvelle étape dans le partenariat entre la Fondation BNP Paribas, le Ministère de la culture et de la communication / Direction des musées de France et l'Etablissement public du musée et du domaine national de Versailles, après la restauration, en 1997, du "Repas chez Simon", chef-d'oeuvre de Véronèse, et celle, en 2001, de "L'Apothéose d'Hercule", plafond peint par François Lemoyne.



LE SALON DES NOBLES DE LA REINE



L'appartement de la Reine fut conçu et aménagé sur le même principe d'enfilade que celui du roi, mais ayant été effectivement habité par les reines et les dauphines jusqu'à la Révolution, il fut plusieurs fois remanié; pourtant ses plafonds sont quasiment intacts et continuent de faire pendant, dans leur thématique, à ceux de l'appartement du roi.

Le salon des Nobles était la pièce où la reine de France accordait ses audiences officielles : un fauteuil lui était alors dressé sur une estrade, dominé d'un dais, face aux fenêtres. Le décor du plafond de ce salon est dédié au dieu Mercure, aux qualités qu'il patronnait et à quelques épisodes de la mythologie grecque se rapportant à la symbolique du divin messager : le temps, l'histoire, le commerce, l'attente, l'éloquence et toutes les activités de l'esprit, comme par exemple les Beaux-Arts.

. Au centre : Mercure répandant son influence sur les arts et les sciences
. Aux angles : La Vigilance - L'Académie - Le Commerce - La Diligence
. Aux voussures : Sapho chantant et jouant de la lyre - Pénélope faisant de la tapisserie - Aspasie au milieu des philosophes grecs - Lala de Cyzique peignant.

Cet ensemble, exécuté à partir de 1672 par Michel II Corneille (1642-1708), n'avait quasiment pas été restauré depuis la Seconde Guerre mondiale; il était en mauvais état, ce qui était particulièrement regrettable pour une pièce qui a pu superbement être remeublée et qui a même conservé, en dessus-de-porte, les deux tableaux de Jean-Baptiste Regnault exposés au Salon de 1785 : Dibutade ou L'Origine de la peinture et Pygmalion implorant Vénus d'animer sa statue.

Pièce maîtresse des appartements de la Reine, le plafond de Mercure a fait l'objet d'une restauration menée en collaboration avec le Centre de recherche et de restauration des musées de France. Ce chantier a débuté en novembre 2002 et a été mené par une équipe de onze restaurateurs. Pendant onze mois, un plancher, posé à six mètres du sol sur un échafaudage, a recréé au sein de cette structure un véritable atelier de restauration, permettant ainsi à l'équipe de travailler dans des conditions optimales, tout en maintenant le circuit normal de la visite des Grands Appartements.


MICHEL II CORNEILLE (PARIS, 1642 - ID, 1708)



Peintre français, fils de Michel Ier Corneille dit l'Ancien, Michel II Corneille dit le Jeune fut l'élève de son père, puis des peintres du roi, Charles Le Brun et Pierre Mignard dont il subit l'influence.

Lauréat d'un prix fondé par l'Académie royale de peinture et de sculpture, il se rendit en Italie où il passa plusieurs années - sans doute de 1659 à 1663 - à copier les oeuvres des grands maîtres italiens qui devaient le marquer durablement. A son retour d'Italie, Michel II Corneille fut reçu à l'Académie royale le 19 septembre 1663 grâce à son tableau de La Vocation des Apôtres (musée des Beaux-Arts de Rennes). Nommé professeur en 1690, il est l'auteur de compositions religieuses, Le Repos pendant la fuite en Egypte (musée du Louvre), La Vocation de Saint-Pierre et de Saint-André (May de Notre-Dame de 1672, musée des Beaux-Arts d'Arras), qui dénotent l'influence des frères Carrache.

Michel II Corneille travailla à Meudon, à Fontainebleau et au Grand Trianon (Flore et Zéphyr, Le Jugement de Midas).
A Versailles il reçut l'importante commande royale du plafond du salon des Nobles de la Reine. Le panneau central représente Mercure répandant son influence sur les arts et les sciences, entouré de quatre voussures et de quatre écoinçons, composé de toiles marouflées et d'allégories peintes directement sur le mur. Le plafond du salon des Nobles de la Reine reste l'exemple le plus monumental du talent de cet artiste, par ailleurs graveur prolixe et dont on conserve de nombreux dessins (environ 400, au musée du Louvre).


BNP PARIBAS MECENE DES MUSEES



Mécène fidèle et reconnu des musées, la Fondation BNP Paribas s'attache à préserver et faire connaître leurs richesses. C'est ainsi qu'elle apporte son soutien à la publication d'ouvrages sur leurs collections permanentes et qu'elle contribue à la restauration de leurs chefs-d'oeuvre. Restaurer des oeuvres abritées dans les musées pour préserver, mettre en valeur et faire découvrir ce patrimoine, tel est l'objet du programme BNP Paribas pour l'Art lancé en 1994, sous le patronage du Ministère de la culture et de la communication, en partenariat avec la Direction des musées de France.

BNP Paribas pour l'art

Depuis son lancement, ce programme a conduit à la restauration d'une soixantaine d'oeuvres conservées dans les musées de France, parmi lesquelles le plafond peint par François Lemoyne pour le salon d'Hercule au château de Versailles ou plus récemment, le plafond peint par Matisse, Portrait des Petits-Enfants, au Cateau-Cambrésis, les trois tableaux du Cycle de Saint-Jean Baptiste peints par Reynaud Levieux à Nîmes et Aurore et Tithon de Jean-Baptiste Pierre à Poitiers.
Ainsi, les efforts conjugués des restaurateurs et des conservateurs, avec le soutien de la Fondation BNP Paribas, concourent à la redécouverte d'oeuvres majeures de l'histoire de l'art, souvent méconnues du grand public. La plupart du temps dissimulés aux regards en raison des altérations subies au cours du temps, ces trésors sont aujourd'hui restitués au visiteur.
La restauration de ces différentes oeuvres est entreprise sous l'autorité du Centre de recherche et de restauration des musées de France avec la collaboration de son département recherche pour les photographies, radiographies et analyses de la matière picturale.
Cette démarche pluridisciplinaire inclut aussi une recherche historique, un constat de l'état de l'oeuvre,
l' établissement d'un dossier scientifique et enfin l'intervention directe. Au terme de la restauration, un rapport détaillé de l'ensemble de l'opération et de la campagne est établi.
Ce programme se poursuit avec les restaurations en cours du tableau Plan de la Ville et Cité de Metz attribué à Geoffroy de Langres conservé au musée de la Cour d'Or à Metz, d'un chef-d'oeuvre de la sculpture du XVe siècle, la Vierge à l'Enfant dite Notre-Dame de Grâce au musée des Augustins à Toulouse, de l'ensemble des oeuvres de Gaston Chaissac du musée de l'Abbaye Sainte-Croix aux Sables-d'Olonne, du tableau Apollon et le Char du Soleil de Jean-Baptiste Jouvenet au musée des Beaux-Arts de Reims et des 36 Bustes-charges des Célébrités du juste milieu d'Honoré Daumier au musée d'Orsay.



Le décor du plafond et son iconographie

La restauration : techniques et historique

Michel II Corneille

Musées de France : politique de conservation et de restauration

Le salon des Nobles
Press contact(s)
Fondation BNP Paribas
Jean-Jacques Goron : 01 42 98 16 04
Alexandra Mazzoni : 01 42 98 13 54
courriel : jean-jacques.goron [at] bnpparibas (dot) com