Comment développer l’attractivité des parcours scientifiques ?
Organisé par le Cercle de Giverny, le World Giverny Forum a permis de présenter 30 propositions pour des entreprises plus durables, élaborées entre avril et juin par un collectif d’acteurs issus des secteurs privé, associatif, public et académique. Six thèmes majeurs ont structuré les échanges : villes et logements, énergie et numérique, santé mentale, infrastructures critiques, eau, et enfin parcours scientifiques.
C’est lors de la table ronde consacrée à ce dernier thème qu’Anne Pointet, Directrice de l’Engagement d’Entreprise de BNP Paribas et membre du Comité Exécutif du Groupe, a partagé la vision du Groupe et ses actions concrètes pour soutenir les vocations scientifiques, leur féminisation et la coopération entre le monde académique et l’entreprise.
Cinq recommandations clés issues du groupe de travail coprésidé par Bruno Leroux, Responsable pôle Environnement de la Fondation BNP Paribas, pour encourager les vocations scientifiques en France et en Europe :
- Faire de l’expérimentation le socle de l’enseignement scientifique dès l’école primaire pour éveiller la curiosité et l’esprit critique.
- Créer un réseau national de femmes scientifiques ambassadrices afin de promouvoir la mixité et inspirer les jeunes filles qui demeurent sous-représentées dans plusieurs filières scientifiques et technologiques.
- Faire de la coopération entre recherche et entreprise un moteur d’innovation, en renforçant les partenariats public-privé.
- Structurer une stratégie nationale de culture scientifique pour ancrer les sciences dans la société et les rendre accessibles.
- Garantir l’accès à une information scientifique de qualité pour lutter contre la désinformation, développer l’esprit critique et valoriser les métiers de la recherche.
Revaloriser la culture scientifique est un enjeu sociétal et économique majeur ; comme le soulignaient les intervenants de la table-ronde, la pénurie d’ingénieurs et de techniciens est un défi qui dépasse le cadre éducatif, pour devenir un enjeu stratégique de compétitivité économique.
« Il est important de financer l’accès aux sciences pour tous, dès l’enfance, pour donner les mêmes opportunités sociales aux familles et faire la promotion des parcours scientifiques féminins et de role models pour inspirer les jeunes filles, comme Sophie Adenot qui montre que l’espace est atteignable. »
Pour BNP Paribas, la recherche fondamentale et l’innovation sont de véritables vecteurs de progrès et de création de valeur à long terme : investir dans les sciences est aujourd’hui un impératif de performance. « Elles sont indispensables dans les secteurs porteurs de croissance comme le spatial, la santé, la finance quantitative, ou encore la mobilité et l’énergie. », expliquait Anne Pointet. Et l’enjeu est double, car il s’agit aussi de favoriser l’égalité : « Il est important de financer l’accès aux sciences pour tous, dès l’enfance, pour donner les mêmes opportunités sociales aux familles et faire la promotion des parcours scientifiques féminins et de role models pour inspirer les jeunes filles, comme Sophie Adenot qui montre que l’espace est atteignable. ».
Des compétences précieuses pour le secteur financier
Il est essentiel d’investir dans le capital humain et le développement des compétences pour s’adapter au monde qui change. Pour Sarah Roussel, Directrice des Ressources Humaines de BNP Paribas et membre du Comité Exécutif du Groupe, c’est une évidence : « Au-delà de son cœur de métier de banquier BNP Paribas est une entreprise qui place la technologie au service de ses clients et collaborateurs : nous avons par exemple besoin d’ingénieurs, de data scientists pour travailler dans des domaines variés : les infrastructures, les systèmes d’aide à la décision, le risk management, l’optimisation de décisions financières dans les salles de marché, la régulation, la compliance…».
La donnée est donc bien devenue une richesse pour les entreprises. BNP Paribas a développé en interne des pôles de recherche et d’expertise comme le DARE, pour « Data Analytics and Research on the Environment » piloté par Imène Ben Rejeb-Mzah. Cette équipe de data scientists mène des recherches sur la quantification de la perte de biodiversité ou encore développe les modèles de mesure de l’alignement des portefeuilles financiers avec les trajectoires bas carbone. Pour leurs recherches, ces data scientists n’hésitent pas à utiliser des modèles mathématiques, des techniques d'analyse géospatiale et de l'intelligence artificielle lorsque cela est pertinent et utile.
Les mathématiques sont au cœur de nombreux métiers de la Banque, notamment la finance quantitative, la modélisation, l’intelligence artificielle... Et au-delà de ses seules équipes, BNP Paribas est mécène de l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES) établissement où Hong Wang, mathématicienne médaillée Fields en 2026 est professeure permanente : le moyen, aussi, de participer au rayonnement académique français.
« Investir dans la recherche fondamentale, ce n'est pas financer l'incertain : c'est préparer les grandes ruptures scientifiques, technologiques et économiques de demain. Dans la finance comme dans bien d'autres secteurs, les mathématiques irriguent déjà l'innovation, de la gestion des risques à l'intelligence artificielle. Les découvertes d'aujourd'hui façonnent les solutions de demain. »
Travailler en écosystème pour créer de la valeur
Avoir une approche systémique, associant acteurs publics, entreprises et monde académique est absolument nécessaire pour créer de l’innovation soutenable sur le long terme. Cela passe par le soutien à des chaires universitaires, la formation continue, nouer des partenariats avec de grandes écoles, ou encore l’apprentissage.
Les chercheurs en sciences ont besoin de financements, mais aussi de visibilité et de reconnaissance. La Fondation BNP Paribas s’y emploie, en soutenant de nombreux chercheurs et chercheuses, pour leur thèse de doctorat ou plus tard dans leur carrière, grâce à son programme Climate & Biodiversity Initiative. Bruno Leroux, Responsable pôle Environnement de la Fondation BNP Paribas et co-président du groupe de travail dédié aux parcours scientifique à Giverny, en parle : « BNP Paribas se distingue par son soutien à la recherche fondamentale, notamment via le financement de plus de 500 scientifiques à travers le monde depuis 2010. La cohorte 2025 2028 accompagne 11 projets qui explorent les liens entre changement climatique et biodiversité sur le thème Océan & écosystèmes côtiers. »

