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10 ans de VivaTech, 10 tendances à retenir pour 2026

Publié Aujourd'hui

La chaleur caniculaire n’aura pas découragé les visiteurs. Du 17 au 20 juin 2026, plus de 200 000 personnes se sont pressées au parc des expositions de la Porte de Versailles et le 14 juin sur les Champs-Elysées dans le cadre d’un événement exceptionnel. L’occasion de découvrir les dernières innovations de la technologie, croiser Jeff Bezos ou écouter Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi défendre ensemble une « troisième voie » de l'IA, entre les modèles américain et chinois. Et pour la première fois dans l'histoire du salon, c'est une nation européenne, l'Allemagne, qui était à l'honneur. Un signal fort, dans une édition placée sous le signe d'une question qui traverse toutes les allées : l'Europe peut-elle reprendre le contrôle de sa propre révolution technologique ?

1. L'IA, partout et pour tout 

En 2026, l'IA n'est plus une verticale parmi d'autres, c'est l’ossature invisible de l'événement. Santé, énergie, robotique, sciences du cerveau, quantique : aucun secteur n'y échappe. Une des tendances de fond, c'est le passage de l'IA conversationnelle à l'IA physique, incarnée cette année par une parade de robots humanoïdes capables d'interagir en dizaines de langues. Jusqu'au cerveau humain : NaoX Technologies, accompagnée par BNP Paribas Développement, développe par exemple une technologie capable de capter des données cérébrales via de simples écouteurs, sans dispositif médical encombrant. 

2. L'IA agentique au service des métiers bancaires 

L'IA ne se contente plus de répondre, elle agit. BNP Paribas prépare déjà la banque à l’ère de l’IA agentique : des IA capables d’assister, d’orchestrer et d’automatiser certaines étapes, toujours sous supervision humaine et dans un cadre de sécurité renforcé. Exemple concret déjà en mode pilote : le KYC (Know Your Customer, processus de vérification d'identité des nouveaux clients). Un agent IA collecte en amont toutes les données disponibles sur le prospect pour pré-remplir son dossier, réduire la friction client et améliorer la qualité des fichiers de conformité. L'objectif n'est pas de remplacer le conseiller, mais de le libérer des tâches administratives pour qu'il se concentre sur la relation client. Condition non négociable : une IA responsable, explicable, gouvernée dès la conception. « On ne peut pas faire de l'IA sans IA responsable », insiste lors d’un panel dédié Michael de Toldi, Chief Analytics Officer de BNP Paribas Cardif. 

Café des Innovations, BNP Paribas VivaTech 2026

3. Wero : la souveraineté du paiement européen 

« Nos clients cherchent des solutions sûres, simples et rapides, c'est exactement ce qu'est Wero », souligne Karine Munoz, Head of Sales and Communication d’AXEPTA BNP Paribas. Aujourd’hui, 5 milliards de paiements ont transité par la plateforme. En réunissant 16 banques de 5 pays autour d'un wallet* commun, l'Initiative de Paiement Européenne (EPI) réussit une prouesse de coordination autant que politique. BNP Paribas est l'un des membres fondateurs de l'EPI, et AXEPTA BNP Paribas, sa marque dédiée à l'acceptation des paiements, a été l'une des premières à intégrer Wero sur sa page de paiement. 54 millions d'utilisateurs, des déploiements chez Air France, Orange, Decathlon ou Leclerc, et une extension imminente pour BNP Paribas en Allemagne, Belgique et au Luxembourg. Derrière la fluidité promise aux consommateurs, un enjeu de fond : disposer d'une alternative locale crédible devant les acteurs américains n'est plus optionnel.

4. L'Allemagne à l'honneur : l'Europe s'affirme 

Cette année, pour la première fois, une nation européenne, l’Allemagne, était à l’honneur. Avec 800 m², le plus grand stand de l'histoire de VivaTech, 200 startups, 14 Bundesländer représentées et deux ministres fédéraux, la délégation allemande envoie un message sans ambiguïté. Le ministre du Numérique Karsten Wildberger l'a résumé en ouverture du salon : « L'Europe peut innover, mais aussi passer à l'échelle ». IA appliquée à l'industrie, hydrogène, mobilité électrique, infrastructures résiliantes... autant de domaines où l’Europe entend jouer un rôle moteur.

5. Souveraineté numérique : en Europe, il faut « dépasser les clivages nationaux » 

« 70 % du cloud européen sont entre les mains des hyperscalers américains », constate Lutz Diederichs, CEO de BNP Paribas Allemagne, lors de la conférence Financing Digital Sovereignty: From Strategy to Execution*, tenue sur l’une des scènes principales de Viva Tech. La situation exposée est de première importance : si l'Europe ne s'empare pas de l'IA, c'est l'IA qui s'emparera de l'Europe. Le dirigeant insiste, il faut cesser de penser pays par pays. « Nous sommes une banque européenne. Nous devons dépasser les clivages nationaux, pour agir à l’échelle de l’Europe ». La réponse de BNP Paribas : financer l'écosystème tech européen, construire des alliances et s'appuyer sur des acteurs souverains comme Mistral AI, dont le partenariat vient d'être prolongé de trois ans. 

* Financement de la souveraineté numérique : de la stratégie à l’exécution

« 70 % du cloud européen sont entre les mains des hyperscalers américains » 

6. Blockchain : le temps de l'industrialisation 

La blockchain est un registre numérique partagé et infalsifiable qui permet d'échanger des actifs (titres financiers, dette, liquidités) directement entre parties, sans intermédiaire. Après dix ans d'expérimentation, BNP Paribas entre dans la phase industrielle. « Nous sommes à un moment pivot », affirme Julien Causse, Head of Asset Foundry de BNP Paribas CIB. Le chaînon manquant, une monnaie numérique de banque centrale, est en cours de test en Europe. Dans dix ans, personne ne parlera de blockchain. Ce sera juste l'infrastructure, comme Internet aujourd'hui. 

7. Cybersécurité : la confiance comme actif stratégique 

Dans un monde d'agents autonomes, de données massives et de robots industriels augmentés par l'IA, la cybersécurité s’est élevée au rang d’enjeu business stratégique. Les grandes entreprises subissent des centaines d'attaques par semaine. Si la menace est constante pour tous, elle est cependant asymétrique : ce qui ébranle à peine un grand groupe peut faire tomber une PME ou un professionnel. Protéger ses accès et ses données, c'est protéger son business. Pour BNP Paribas, la cybersécurité est un levier de confiance durable, au service des clients, des collaborateurs et de l’innovation. 

8. Femmes & Tech : la parité rendra l’IA plus performante 

1 % de l’investissement s’oriente vers des startups d'IA fondées exclusivement par des femmes en 2025. Ces entreprises affichent pourtant 20 à 30 % de résilience supplémentaire. BNP Paribas s'engage : investisseur au sein du Sista Fund (60 M€ dont la gestion est pilotée par la Banque), reporting annuel hommes/femmes dans les dossiers de financement, ou encore enveloppe de prêts dédiés sans caution personnelle. Mais derrière les inégalités de financement, une autre alerte est lancée : « 80 % des données sur lesquelles s'entraînent les IA sont biaisées en matière de parité », souligne Inès Hamy, CEO d'Octolo lors d’une table ronde organisée sur le stand BNP Paribas. Elles pensent donc majoritairement au masculin. Impacts concrets : une reconnaissance faciale moins performante sur certains profils, un accès au crédit plus compliqué jusqu’à une détection des crises cardiaques moins fiable chez les femmes. Et des conséquences économiques et sociales réelles pour toutes et tous. 

9. La tech au service de l'enfance  

La technologie investit les premières années de vie, et pas seulement pour le ludique. Le Guardian, startup toulousaine fondée par deux femmes, présentait son bracelet autonome de géolocalisation pour enfants dès 4 ans : bouton SOS, messages vocaux, zéro smartphone, données hébergées en France. Un objet simple, utile, souverain, qui illustre une tendance de fond : la tech doit aussi se mettre au service de la protection des plus fragiles. 

Main Stage, Viva Tech 2026

10. Agriculture & climat : la tech au champ, et au-delà 

Face à l'urgence climatique, l'innovation s'accélère sur tous les fronts. Dans les champs aussi : Bienesis présentait ses solutions de protection des cultures contre les aléas climatiques, tandis qu'une table ronde réunissait Inria, la Ferme Digitale et l'INRAE autour du défi de l'IA dans l'agriculture. Drones, capteurs, optimisation des intrants : la transition agritech n'est plus prospective. Mais VivaTech 2026 montrait aussi une autre facette, plus radicale, de l'adaptation : LifePods, des cabines conçues pour survivre aux pires catastrophes : tsunamis, conflits, urgences extrêmes. La tech ne cherche plus seulement à prévenir les crises. Elle commence à concevoir des solutions pour y faire face.

Dix ans après sa création, VivaTech ne se contente plus d'annoncer le futur, il en pose les premières fondations concrètes, avec une conviction partagée par BNP Paribas : celle d'une Europe qui veut jouer pleinement son rôle dans la révolution technologique, aux côtés des grandes nations et des grands acteurs du secteur. 

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