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La restauration du tableau « Le lion, ayant faim » du Douanier Rousseau

  • 15.06.2015

La Fondation BNP Paribas Suisse a participé à la restauration du tableau du Douanier Rousseau, intitulé « Le lion, ayant faim », qui est exposé à la Fondation Beyeler, à Bâle, en Suisse.

En premier lieu, il s’agissait d’entreprendre l’étude scientifique de la technique picturale et des matériaux utilisés par Henri Rousseau. En second lieu, cette restauration a permis de mener une enquête sur l’histoire de la restauration de cette toile. Les restaurateurs ont ainsi amélioré des restaurations anciennes, concernant des manques de la couche picturale, afin de permettre une nouvelle présentation de l’œuvre sous une forme aussi authentique que possible.

On date généralement "Le lion, ayant faim" de 1905. Cette toile était alors intitulée "La lutte pour la vie". Ce tableau de jungle de grand format occupe une place toute particulière dans l’œuvre de Rousseau. C’est en effet sa première œuvre à avoir été acceptée par un jury en obtenant, en 1905, une place d’honneur au prestigieux Salon d’Automne. Pour le regard du spectateur, le lion et l’antilope sont placés exactement au centre de l’image, les autres animaux étant répartis tout autour. Cette scène de mise à mort est cependant atténuée par la présence des feuillages décoratifs. Ce n’est pas l’attaque qui domine l’action picturale, mais la végétation. N’ayant jamais vu lui-même de forêt vierge, Rousseau s’est inventé par sa peinture une jungle et ses habitants exotiques associant toute sa fantaisie à son goût pour les couleurs éclatantes.

Henri Rousseau (1844 – 1910)  vivait et travaillait à Paris dans un modeste salon-atelier du quartier Montparnasse, à Paris. Autodidacte, il se consacre entièrement à sa peinture à partir de 1893. La fraicheur et la spontanéité de ses œuvres ont influencé les cubistes et les surréalistes ; il symbolise la redécouverte de l’imaginaire du début de l’art moderne. Il ne s’est pourtant imposé que tardivement dans les milieux artistiques parisiens. Ce sont des poètes comme Apollinaire et des peintres tels comme Picasso, Léger, Delaunay ou Kandinsky qui ont été les premiers à prendre la mesure de son talent.

 

Crédits photo : Fondation Beyeler