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Interview avec Aurélie Carrara, l'une des deux lauréats du Prix d'histoire économique AFHE BNP Paribas 2013

  • 25.10.2013
La Proclamation du Prix d'histoire économique AFHE BNP Paribas 2013 s'est tenue le 4 octobre dernier à Roubaix, aux Archives Nationales du Monde du Travail (ANMT), à l'occasion du Congrès annuel de l'Association Française d'Histoire Economique (AFHE).

Décerné tous les 2 ans, le prix d'Histoire économique AFHE BNP Paribas vise à accroître la visibilité de cette discipline. Il récompense deux docteurs de haut niveau ayant soutenu une thèse d'histoire ou de sciences humaines et sociales, dans le champ de l'histoire économique.

Les deux lauréats de l'édition 2013 sont Aurélie Carrara et Stéphane Lembré.

Cette semaine, rencontre avec Aurélie Carrara, auteure d'une thèse sur la fiscalité des échanges dans le monde antique.

Aurélie CarraraQue représente ce prix pour le jeune chercheur que vous êtes ? Aura-t-il une influence sur votre évolution au sein du monde universitaire ou sur votre évolution professionnelle ?

Ce prix de thèse est tout d'abord une reconnaissance professionnelle. Il va me permettre de financer en partie la publication de cette thèse (éditions Ausonius, Bordeaux). C'est un élément important pour un recrutement comme Maître de Conférences, d'autant que les temps sont difficiles. Grâce à ce prix, je vais aussi prolonger mon séjour à l'étranger (Allemagne, Grèce, USA) afin de poursuivre mes recherches dans d'excellentes conditions et continuer à étendre mon réseau de collaboration scientifique.

Ce prix démontre enfin que l'histoire antique à toute sa place dans les débats qui animent l'histoire économique aujourd'hui. Dans une perspective évolutionniste, l'économie des mondes antiques a longtemps été considérée comme un commencement, c'est-à-dire une organisation primitive sans marché, etc. Cette vision est aujourd'hui totalement dépassée et les chercheurs ont démontré que la cité grecque était une cité marchande et que son organisation économique reposait sur les échanges.

Pourquoi avez-vous choisi d'explorer la fiscalité dans le monde grec antique ?

Les cités grecques antiques ont mis en place des institutions pour garantir leurs échanges et la fiscalité faisait partie de ces institutions. Étudier la fiscalité permet donc d'analyser certains aspects de la vie économique, notamment l'usage que les États antiques en faisaient dans leur système économique. Mais cela permet également d'aborder des questions comme les rapports de pouvoir, le contrôle du territoire ou encore la fiscalité comme ressources financières. Enfin, la dernière synthèse sur les finances grecques date de 1928 et la documentation a été profondément renouvelée depuis. Il est donc nécessaire de mener des études précises afin d'aboutir, dans plusieurs années, à une nouvelle synthèse de ce type.


Le partenariat de BNP Paribas avec l'AFHE, né en 2011, s'inscrit dans la volonté du Groupe de contribuer à la diffusion d'une meilleure culture économique en France. Cet engagement pour la connaissance de l'histoire économique, Nicolas Draux, l'a rappelé à l'occasion de son discours au cœur d'un lieu symbolique pour BNP Paribas : les ANMT, qui abritent une partie des archives des banques, ancêtres du Groupe. Il a également souligné l'ancrage historique de BNP Paribas dans le tissu économique et industriel de la région Nord.

Lire l'interview de Stéphane Lembré, lauréat 2013.

Consulter le communiqué de presse : le Prix d'histoire économique AFHE BNP Paribas


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