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Focus Régions : état des lieux dans la zone Afrique

  • 25.08.2010

Amadou Kane a été nommé Président directeur général de la BICIS en avril 2010. Il a pris ses fonctions de Président lors de l'assemblée générale de la BICI Sénégal du mois de mai et remplace Daniel Delanis au poste de directeur général. Une occasion de revenir sur son action en tant que responsable Afrique de l'entité « Marchés Emergents » (aujourd'hui « Europe Méditerranée ») depuis 2006.

Quel bilan pouvez-vous faire de vos trois années en tant que responsable de la zone Afrique au sein de l'entité « Europe Méditerranée » de BNP Paribas ?
Je suis arrivé en octobre 2006, au moment où l'Afrique ne suscitait pas un intérêt très actif dans le Groupe, et je repars alors que le bien-fondé de notre présence vient d'y être réaffirmé. Je pense, en toute modestie, avoir joué un rôle dans cette évolution.
La tendance politico-économique est globalement favorable dans tous nos pays sur le long terme, avec, pour nos implantations, une évolution positive du PNB et du résultat net entre 2001 et 2009. Notre business model en Afrique a résisté à des crises qui auraient emporté beaucoup de banques dans d'autres géographies. Nous avons réussi à nous développer sans jamais aucun renfort additionnel du Groupe en capital.
Parallèlement, nous avons lancé de grands chantiers pour optimiser notre organisation, notamment dans les domaines du risque et de la conformité, ou encore en matière d'organisation par ligne de clientèle. À l'échelle régionale, nous avons en effet mutualisé l'Audit et les Risques au sein de plates-formes communes, et des projets sont en cours pour la trésorerie, la communication et la formation. L'Inspection Générale nous a même félicités pour l'exemplarité de notre Hub Audit. De plus, j'ai fait le lien entre les métiers de CIB et nos banques pour qu'ils travaillent ensemble avec davantage de synergie. Tout cela a joué dans l'affirmation de notre présence en Afrique.

Quelle est désormais la stratégie définie pour la zone Afrique ?
Nous allons concentrer nos efforts et investissements sur les pays d'Afrique de l'Ouest, qui ont la même monnaie, la même réglementation et les mêmes habitudes de consommation. C'est un marché de 90 millions de personnes, devenu très concurrentiel. Des groupes internationaux et des groupes africains y ont beaucoup investi et ont développé leur maillage dans cette zone. À mon sens, BNP Paribas doit à son tour se mobiliser. Nous devons notamment continuer à investir dans notre IT, apprendre à mieux capter les flux des grandes entreprises et donner de vraies perspectives de carrière aux cadres les plus talentueux. Des opportunités leur ont déjà été offertes par les plates-formes régionales, mais il faut aussi renforcer le nombre de collaborateurs issus d'Afrique au sein du Groupe, notamment au siège. C'est crucial pour l'avenir de nos pays.

Pourquoi avez-vous choisi de retourner aujourd'hui au Sénégal ?
D'abord pour des raisons familiales et parce que j'ai une certaine envie de regagner mon pays. Et aussi de retrouver le terrain. De plus, il y a aujourd'hui des challenges importants à relever pour que la BICIS retrouve sa place au Sénégal et dans la zone UMOA. Pour cela, en dehors des positions fortes que nous avons dans le financement corporate, nous pourrons nous appuyer sur des niches dans lesquelles notre investissement et la qualité de notre offre nous rendraient presque “imbattables”, par exemple le Cash Management. Nous devrons également progresser sur d'autres domaines, comme l'optimisation de la trésorerie, l'organisation de la filière des professionnels et notre offre aux migrants. Sur ces thèmes transversaux, des chantiers sont ouverts à Paris et ma fonction d'administrateur dans certaines banques de la zone me permettra de m'inspirer de ce que font les autres BICI. Il est en effet important que nous ayons des approches voisines.