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Les dessous d'une corrélation : le point sur la semaine économique

  • François Faure Economiste
  • Paris
  • 20.01.2017
  1. La corrélation entre prix du pétrole et des métaux et le dollar estredevenue positive courant 2016
  2. Mais elle reste fragile

Entre 2003 et début 2016, la corrélation négative entre dollar, d’une part, et prix du pétrole et des métaux, d’autre part, était la règle. Jusqu’en 2010, elle était la résultante d’une demande excédentaire de matières premières poussant les prix à la hausse et d’une politique monétaire américaine accommodante. A partir de 2011 et jusqu’à la mi-2014, dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale, l’assouplissement quantitatif aux Etats-Unis, en maintenant le dollar faible, a renforcé le rôle des matières premières comme actifs financiers de substitution. Enfin, de la mi-2014 au début 2016, une poussée de l’aversion pour le risque émergent a fait plonger les prix et dopé le dollar.

La corrélation est redevenue positive au cours de 2016. La reprise dans l’industrie et la construction en Chine et l’accélération de la croissance aux Etats-Unis tirent de nouveau les prix à la hausse. D’autre part, le durcissement monétaire américain et la réduction de la facture énergétique extérieure des Etats-Unis, grâce au développement du pétrole et du gaz de schiste, jouent en faveur du dollar.

Ces facteurs sont-ils solides ? Probablement, s’agissant du dollar. En revanche, le redressement des prix des matières premières reste fragile car l’offre peut s’ajuster rapidement à la demande, surtout pour le pétrole, et les risques baissiers sur la croissance chinoise demeurent élevés.

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