La banque d'un monde qui change


Du 9 au 28 juillet, l'exposition Pékin - Hankou, réalisée par Archives et Histoire du Groupe BNP Paribaset l'Historical Center de BNP Paribas Fortis, se trouvera au Musée Cernuschi, à Paris, relatant l'histoire de la construction de la 1ère ligne de chemin de fer en Chine.

Un peu d'histoire...

Au tournant des XIX et XXème siècles, trois banques ancêtres du Groupe BNP Paribas, ont organisé le financement d'un des plus grands chantiers de travaux publics de l'époque, la construction du chemin de fer entre Hankou et Pékin, d'une longueur de 1 200 km : la Société Générale de Belgique (aujourd'hui BNP Paribas Fortis), la Banque de Paris et des Pays-Bas et le Comptoir National d'Escompte de Paris.

La réalisation du projet fut achevée en sept ans (1898 – 1905) et fut confiée à une société filiale, la Société d'étude de chemins de fer en Chine. Celle-ci travailla dans un environnement géopolitique complexe, tenant à la situation intérieure de la Chine et à la pression des grandes puissances occidentales. Il fallait pour des raisons stratégiques construire une voie entre Pékin et Hankou, sur le Gyang-Tse. Les grands fleuves de Chine sont en effet orientés est-ouest et une voie nord-sud s'avérait indispensable aux échanges, notamment de denrées comme le riz et le sorgho produits dans les fertiles plaines du sud.



Les Chinois voulaient traiter avec un pays prêt à accorder une collaboration désintéressée ou, moins porté à profiter de la construction du chemin de fer pour arracher des concessions économiques ou territoriales. Ce fut la Belgique. En novembre 1896, de premiers contacts diplomatiques eurent lieu entre le gouvernement impérial et l'ambassadeur belge à Pékin. La première banque du pays, la Société Générale de Belgique, fut contactée. Mais sa direction était partagée sur la ligne à tenir, vu l'importance des sommes qu'il fallait avancer et des risques géopolitiques.

C'est pourquoi, la Société Générale de Belgique s'entendit avec la Banque de Paris et des Pays-Bas pour partager les risques et retombées du contrat. Cette intervention de Paribas mettait ainsi l'immense potentiel de l'épargne française au service du projet. Il fut convenu que les deux banques se partageraient le financement à raison de deux cinquièmes pour les partenaires belges et de trois cinquièmes pour les Français et que les commandes de matériel, importantes retombées pour les industries des deux pays, seraient partagées pour moitié. Le 3 mars 1897, les deux sociétés constituaient la Société d'étude de chemins de fer en Chine.

Toute l'année 1897 passa en négociations et études de faisabilité du projet, et grâce notamment à l'intervention du consul de Belgique à Hankou, Émile Francqui (1863-1935), et de celui de France à Shanghai, Paul Claudel (1868-1955), le projet put commencer.
A partir de mars 1899, la ligne fut attaquée par les deux bouts à la fois, de telle sorte qu'à la fin de l'année, la voie était posée sur 20 km au sud et les terrassements achevés sur 100 km. Sur la section nord, les terrassements étaient achevés sur 60 km et la voie, réalisée sur 10 km.



Après quelques difficultés, la ligne fut inaugurée le 14 novembre 1905. Elle s'étendait sur
1 214 km et comprenait 125 gares sur son parcours. Sa construction, extrêmement rapide, avait coûté 200 millions de francs or, ce qui faisait de la ligne une des moins coûteuses construite en Chine durant la première décennie du 20e siècle.

A la même époque – et ce n'est pas un hasard – la Société Générale de Belgique créa une filiale bancaire dans l'empire du Milieu : la Banque Sino-Belge, qui ouvrit sa première agence à Shanghai. Elle traitait des opérations de change, d'arbitrage, de prêt sur garanties, de financement de l'import-export...

Ne manquez pas ce rendez-vous historique où les photos d'archive côtoient toutes les « petites histoires » de la construction de la 1ère ligne de chemin de fer en Chine !