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Violences faites aux femmes : c’est aussi l’affaire des entreprises

  • 03.08.2020

Une femme sur trois dans le monde a été, est, ou sera victime de violences physiques et/ou sexuelles au cours de sa vie, le plus souvent de la part de son conjoint ou ex-conjoint. Alors que ces violences ont un impact sur la vie personnelle et professionnelle des victimes, les entreprises ont un rôle à jouer. Le point avec Caroline Courtin, Responsable Diversité et Inclusion de BNP Paribas.

Un sujet qui concerne les entreprises   

Parce qu’elle comprend des victimes et des auteurs de violences dans ses rangs, l’entreprise est un terrain d’action pertinent pour lutter contre les violences conjugales. En outre, le lieu de travail est un espace de socialisation important dans la vie d’un individu, souvent le plus important après la sphère privée.

En 2019, le réseau OneInThreeWomen, premier réseau interentreprise européen engagé dans la lutte contre les violences faites aux femmes auquel BNP Paribas participe depuis 2018, a réalisé une étude intitulée « Comment les violences conjugales impactent-elles le monde du travail ? ». Réalisée auprès de 6 grandes entreprises, dont BNP Paribas, elle a notamment mis en lumière le fait que 16 % des répondantes et 4 % des répondants ont déjà été victimes de violences conjugales. Autre chiffre important : 55 % de ces personnes ont constaté un impact direct de ces violences sur leur travail, qu’il s’agisse de retard, d’absentéisme, d’une baisse de productivité ou d’une détérioration des relations avec leur équipe et leurs managers, etc.

Portrait

À propos de l’impact de ces violences au travail, l’universitaire britannique Jane Pillinger a publié dans la série « IN my shoes », signée BNP Paribas, un podcast, accessible en ligne, appelé « How does domestic violence impact the workplace ». « Au moins une victime sur deux déclare que la violence subie à des conséquences importantes sur sa vie professionnelle. Sensibilisation, formation et mesures de soutien pour tous les salariés : les entreprises peuvent jouer un rôle important dans la prévention et l’accompagnement des victimes de violences conjugales », affirme Caroline Courtin.  

Ce qu’il est possible de faire : l’exemple de BNP Paribas et de ses partenaires 

Engagé depuis plusieurs d’années dans la lutte contre les violences faites aux femmes, BNP Paribas s’est donné les moyens d’agir. Un Pôle d’Action Sociale existe en interne, au sein de la Direction des Ressources Humaines, depuis plus de 15 ans. Composé d’une quarantaine d’assistants sociaux, sa mission est de venir en aide aux collaboratrices et aux collaborateurs sur tous les sujets d’ordre professionnel ou privé. Campagnes d’alerte et de sensibilisation en interne et en externe, formations, mise en relation avec des associations spécialisées, accompagnement et maintien dans l’emploi … de très nombreuses actions sont menées pour protéger les victimes de violences conjugales, des femmes dans la grande majorité des cas. Des mesures qui fonctionnent et se montrent utiles puisqu’elles permettent aux personnes concernées de briser le silence et de trouver l’accompagnement adéquat.


Certains contextes difficiles – notamment lorsque la victime est captive d’une relation d’emprise – font qu’il est impossible d’extraire rapidement les victimes des situations terribles dans lesquelles elles se trouvent. Des situations d’urgence auxquelles le Groupe peut répondre par des mesures rapides et concrètes, comme les avances sur salaires ou les relogements d’urgence. Ensuite, il faut parvenir à aider les victimes sur un moyen et long terme, en leur permettant coûte que coûte de conserver leur emploi et la stabilité économique qui l’accompagne. « Le maintien dans l’emploi est une priorité absolue pour BNP Paribas, qui est par exemple en mesure de proposer une mobilité géographique à une victime si besoin », explique Caroline Courtin. Il ne faut pas oublier, en effet, que les violences conjugales – parce qu’elles isolent socialement et ont un impact direct sur le travail des victimes – constituent un véritable obstacle à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. 


Le maintien dans l’emploi est une priorité absolue pour BNP Paribas, qui est par exemple en mesure de proposer une mobilité géographique à une victime si besoin

UN COMBAT COLLECTIF

Dans le cadre des actions menées contre les violences conjugales, BNP Paribas n’agit jamais seul. Les équipes du Groupe se chargent de mettre en relation les victimes avec les autorités ou les associations compétentes. Si les managers de proximité ont un rôle important à jouer, car ils sont souvent les premiers à repérer des modifications de comportements, chacun est formé pour se montrer bienveillant, compréhensif et détecter les signaux faibles lorsqu’ils sont visibles. Leur rôle : écouter, rassurer et sensibiliser. Les initiatives menées sont toujours collectives. « Tous les acteurs de la société ont, à leur niveau, la capacité de contribuer à la lutte contre les violences conjugales : la police, les médecins, les entreprises, les associations, les écoles, les avocats, les psychologues. Cela concerne tout le monde et chacun peut agir », conclut Caroline Courtin. 

Zoom sur les actions menées pendant le confinement 

Le confinement a été une période critique pour les victimes de violences domestiques. En France, le 3919, numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, a ainsi reçu près de deux fois plus d’appels en avril 2020 que l’année précédente. Dès le début de cette période inédite, BNP Paribas s’est mobilisé pour renforcer ses actions.

-        En interne, dès le mois de mars, une opération importante de sensibilisation à destination de l’ensemble des collaborateurs France a été déployée sur l’intranet. L’accès à la plateforme d’écoute et de soutien, « Stimulus Care », a été élargi à tous les collaborateurs du Groupe en France.

-        En externe, une campagne médiatique, « Les violences ne sont pas privées de sortie » – aux côtés des autres membres du réseau OneInThreeWomen – a été lancée pour appeler aux dons et promouvoir le 3919. Elle a été relayée par 140 spots radios et elle est affichée depuis le 20 mai dans le métro parisien. 200 000 € ont également été versés à plusieurs associations qui prennent en charge les victimes de violences conjugales.

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