Net-Zero Alliances, les clés de la collaboration au sein du secteur financier

  • 14.12.2021

Les alliances initiées par les Nations Unies dans le secteur des services financiers visent à accélérer la transition vers la neutralité carbone.

Le pouvoir des coalitions

Les collaborations intra et intersectorielles sont sans aucun doute essentielles pour parvenir à une décarbonation massive. Le pouvoir des coalitions a de ce fait été un thème central de la COP26 des Nations Unies à Glasgow. 

Un certain nombre d’alliances y ont d’ailleurs été lancées dans les secteurs public et privé avec pour but de soutenir les objectifs de l’accord de Paris et de réduire notre dépendance au carbone.

Quelques semaines avant la COP26, l’édition mondiale 2021 du Sustainable Future Forum (SFF) de BNP Paribas a réuni des experts venus parler de plusieurs alliances Net Zéro récemment formées dans le secteur financier.

Les banques, de véritables acteurs pour le climat potentiels

Formée en 2019, la Net-Zero Asset Owner Alliance marque une nouvelle étape dans les efforts entrepris par le secteur des services financiers en faveur de la lutte contre le changement climatique.

Est-il possible de donner à la finance les moyens d’agir en tant qu’acteur pour le climat ? Absolument ! 

« Est-il possible de donner à la finance les moyens d’agir en tant qu’acteur pour le climat ? Absolument ! Nous n’en voyons pas encore les résultats en termes d’émissions, mais la mobilisation mondiale a été énorme, notamment depuis 2019 quand, pour la première fois, la neutralité carbone est devenue un objectif de portefeuille en soi, » a souligné Éric Usher, Responsable de l’initiative finance au Programme des Nations Unies pour l’environnement, au cours d’une présentation au SFF 2021 sur la stratégie et la vision qui sous-tendent les alliances Net Zéro. « Avec la réorientation vers des portefeuilles décarbonés, le secteur cesse de considérer les faibles émissions de CO2 et la résistance aux changements climatiques comme un simple "plus" pour les intégrer complètement dans la pratique des investisseurs ou des banquiers.»

Intégrer le développement durable dans le secteur bancaire

En 2018, nous avons assisté à l’une des évolutions les plus significatives de ces dernières années s’agissant de l’intégration du développement durable dans le secteur bancaire lorsque 30 banques internationales, dont BNP Paribas, ont œuvré avec les Nations Unies à la rédaction des Principes pour une Banque Responsable. 132 banques ont ensuite rejoint ce cadre parrainé par le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres. Aujourd’hui, 250 banques forment cette coalition qui représente plus de 40 % des actifs bancaires mondiaux.

« Les objectifs en matière d’impact et le contexte de gestion pour la neutralité carbone sont au cœur des Principes pour une Banque Responsable. Le secteur financier a une grande capacité à montrer la voie », a expliqué Éric Usher. « Vos actions ont le double avantage de préparer et positionner l’organisation pour une transition durable vers une économie à faible intensité carbone, mais aussi d’envoyer des signaux aux États qu’il est maintenant temps de faire date dans l’histoire et de s’atteler à l’économie et à la société de demain. »

Le secteur financier a une grande capacité à montrer la voie

"Avec la réorientation vers des portefeuilles décarbonés, le secteur cesse de considérer les faibles émissions de CO2 et la résistance aux changements climatiques comme ‘un plus’ pour les intégrer dans la pratique des investisseurs ou des banquiers."

Éric Usher, responsable de l’initiative finance au Programme des Nations unies pour l’environnement


De la nécessité de parler d’une seule voix

« Les quatre alliances Net Zéro mises sur pied par les Nations Unies pour le secteur des services financiers, comprenant les gestionnaires d’actifs, détenteurs d’actifs, banques et assureurs - tous rassemblées sous la désignation de GFANZ, Glasgow Financial Alliance for Net-Zero - accéléreront les impacts sur la transition des économies et des entreprises vers le zéro émission nette », a expliqué Hervé Duteil, Directeur du développement durable, Amériques, BNP Paribas, durant les débats d’ouverture.

ENSEMBLE, ELLES SE FONT LE PORTE-PAROLE UNIQUE DU SECTEUR FINANCIER DANS LE DIALOGUE AVEC L’INDUSTRIE ET LES POUVOIRS PUBLICS. 

Pour Paul Bodnar, responsable des investissements durables chez Blackrock, la mise en place de la GFANZ est un signal important. « Chacune de ces alliances rassemble les différents intervenants de la chaîne d’investissement. Ensemble, elles se font le porte-parole unique du secteur financier dans le dialogue avec l’industrie et les pouvoirs publics. Ainsi, nous sommes en mesure collectivement d’entreprendre cette transition vers une économie décarbonée, » a-t-il dit à la table ronde du SFF. À ses yeux, il conviendrait d’harmoniser davantage la façon dont les gestionnaires d’actifs, détenteurs d’actifs, banques, assureurs et autres organisent la transition pour lui impulser une dynamique.


Apporter plus de clarté dans le secteur

Lancée à la COP26, l’IFRS Foundation de l’International Sustainability Standards Board (ISSB) est attendue avec impatience pour apporter plus de clarté dans le secteur. L’ISSB établira conjointement avec l’IASB un référentiel commun pour la mesure des impacts et leur publication.

« Quant à la publication d’informations sur les risques climatiques, nous assistons à une accélération continue dans le secteur financier et le secteur privé plus largement. Cela s’est d’abord fait sur une base volontaire, mais nous constatons que les régulateurs s’engagent de plus en plus, notamment à la Commission européenne, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande et récemment au Brésil. Là, ils ont commencé à intégrer la publication d’informations sur les risques climatiques dans les tests de résistance bancaire », a également souligné Éric Usher.

Quant à la publication d’informations sur les risques climatiques, nous assistons à une accélération continue dans le secteur financier et le secteur privé plus largement.

"Chacune de ces alliances rassemble les différents intervenants de la chaîne d’investissement. Ensemble, elles se font le porte-parole unique du secteur financier dans le dialogue avec l’industrie et les pouvoirs publics. Ainsi, nous sommes en mesure collectivement d’entreprendre cette transition vers une économie décarbonée."

Paul Bodnar, Responsable des investissements durables chez Blackrock

Glasgow Financial Alliance for Net-Zero (GFANZ)

La Glasgow Financial Alliance for Net-Zero (GFANZ) est une coalition mondiale des acteurs des services financiers engagés à mobiliser très largement le capital vers la décarbonation de l’économie. 

Sous la houlette de la GFANZ, quatre coalitions se sont formées ces dernières années : la Net-Zero Asset Manager Initiative, la Net-Zero Asset Owner Alliance, la Net-Zero Banking Alliance, et plus récemment la Net-Zero Insurance Alliance.

En avril 2021, BNP Paribas a rejoint la Net-Zero Banking Alliance, laquelle rassemble plus de 90 banques pour mettre les capitaux au service de  la lutte contre le changement climatique. Collectivement, les banques membres détiennent 66 billions USD d’actifs, soit 43 % des actifs bancaires mondiaux. 

"Les quatre alliances Net Zéro initiées par les Nations Unies pour le secteur des services financiers auront pour effet d’accélérer l’impact sur les économies et la transition des entreprises vers la neutralité carbone."

Hervé Duteil, Directeur du développement durable, Amériques, BNP Paribas


Alliances : risques et opportunités

Bertrand Millot, Responsable Risques et questions climatiques, CDPQ, a fait remarquer que plus qu’un objectif chiffré, le changement climatique est devenu un état d’esprit dans le secteur. « Le changement climatique s’accompagne d’opportunités et de risques. Des opportunités dans les énergies renouvelables, la construction verte, mais aussi dans les carburants et technologies durables. Il comporte par ailleurs quelques risques - physiques et de transition - et affecte directement ou indirectement les entreprises à travers leurs chaînes d’approvisionnement. » 

Il comporte par ailleurs quelques risques - physiques et de transition - et affecte directement ou indirectement les entreprises à travers leurs chaînes d’approvisionnement.

Les grandes questions pour le secteur portent sur les réglementations susceptibles d’apparaître, les secteurs qui seront positivement ou négativement affectés et les trajectoires possibles vers la décarbonation. «Cette compréhension aide à articuler le dialogue avec les entreprises du portefeuille pour déchiffrer leurs propres publications. En tant que détenteurs d’actifs, nous sommes ainsi à même d’évaluer le profil risque-rendement de l’entreprise dans un contexte de changement climatique et de structurer le message d’engagement correspondant. »

Nathalie Jaubert, Responsable adjointe de la RSE du Groupe BNP Paribas, a déclaré au cours de la même table ronde s’attendre à ce que beaucoup de choses se produisent pendant la transition vers une économie plus propre. Et les risques ou incertitudes que cela suppose pourraient constituer un obstacle à rejoindre des alliances. Le jeu en vaut néanmoins la chandelle. « L’écart est grand entre le scénario à 2 degrés et le scénario à 1,5 degré. C’est pour nous un choix audacieux de rejoindre l’alliance 1,5 degré, mais de grands changements technologiques devraient intervenir dans l’intervalle. »

C’est pour nous un choix audacieux de rejoindre l’alliance 1,5 degré

Renaud Guidée, Directeur des Risques du Groupe, AXA et président de la Net-Zero Insurance Alliance a commenté : «Nous, assureurs, sommes particulièrement bien placés pour agir largement sur le changement climatique. Nous sommes en effet des détenteurs d’actifs avec un bilan très large, des investisseurs et des arrangeurs, et nous fournissons une couverture et une protection à nos clients, tant entreprises que particuliers.  Il y a traditionnellement un décalage entre les actions que nous pouvons engager sur le plan des investissements et sur celui de la protection d’assurance. » 

Nous, assureurs, sommes particulièrement bien placés pour agir largement sur le changement climatique. 

Par exemple, AXA a été la première compagnie du secteur à exclure le charbon de son portefeuille d’investissement en 2015, et elle a repris la même approche avec les arrangeurs 18 mois plus tard. « Les indicateurs pour mesurer l’intensité en carbone sont moins aboutis pour l’assurance que pour l’investissement, et nous y travaillons au sein de la Net-Zero Insurance Alliance. » 


Après Glasgow, tous les regards se tourneront vers le secteur financier pour définir concrètement les prochaines étapes du financement de la transition pour son accélération.


Article traduit depuis l'original en anglais: Net-Zero Alliances: Unlocking collaboration across the financial sector.  


Cliquez pour voir les vidéos du SFF en anglais 

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