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L'économie circulaire : retour sur les opportunités et enjeux de la circularité par des spécialistes de BNP Paribas

Publié Aujourd'hui

Face aux défis croissants de raréfaction des ressources, de dépendance vis-à-vis des marchés mondiaux et de pressions environnementales, l’économie circulaire s’impose aujourd’hui comme une réponse incontournable pour les industriels. Deux spécialistes du Groupe, Emmanuelle Bru, Experte ESG Économie Circulaire de BNP Paribas, et Samuel Lefevre, récemment devenu Senior Business Developer chez BNP Paribas CIB (après avoir passé plus de six ans chez BNP Paribas Leasing Solutions en tant que International Business Development Manager), reviennent sur les opportunités, défis et beaux exemples d’un modèle transformant et fédérateur.

Pourquoi l’économie circulaire s’impose-t-elle aujourd’hui comme un sujet stratégique pour les entreprises ?

Emmanuelle Bru (EB) : Pendant longtemps, l'économie circulaire a surtout été mise en avant comme un des leviers clés de la décarbonation. Or, les entreprises sont aujourd’hui confrontées à des tensions très concrètes sur certains approvisionnements du fait de la dépendance géopolitique, de la volatilité des prix... Dans ce contexte, la circularité devient un véritable enjeu de résilience. Ainsi parmi nos clients industriels, certains choisissent de sécuriser leurs approvisionnements en matériaux critiques en développant le recyclage en boucle fermée, c’est-à-dire qu’ils collectent les produits mis sur le marché, récupèrent les métaux précieux et les réutilisent dans la fabrication de nouveaux produits. 

On voit également émerger un cadre réglementaire de plus en plus structurant. En Europe, les réflexions autour du « Circular Economy Act » – annoncé début 2025 dans le cadre du « Clean Industrial Deal » – montrent que l'économie circulaire est désormais considérée comme un levier stratégique de compétitivité et de souveraineté industrielle par nos gouvernements. Enfin, de plus en plus de grandes entreprises se fixent aujourd'hui des objectifs de chiffre d'affaires liés à des activités circulaires, mettant en avant l’opportunité de générer des revenus grâce à ce modèle. Cela va donc bien au-delà de la gestion du risque de rupture des chaînes d’approvisionnement.

Samuel Lefevre (SL) : Oui, et pour moi qui ai récemment changé de rôle, je vois que le sujet peut être pris de manières très variées en fonction des entreprises. Comme je suis récemment arrivé chez CIB, je voudrais mettre l’accent sur mon expérience chez BNP Paribas Leasing Solutions, où on constate que le sujet de l’économie circulaire est désormais au cœur du modèle économique des entreprises
La question n’est plus seulement : « Comment réduire son impact ? », mais aussi : « Comment mieux utiliser ses équipements, mieux maîtriser ses coûts et construire un modèle plus durable dans le temps ? ». 

Chez BNP Paribas Leasing Solutions, cela résonne particulièrement avec le métier, qui accompagne justement les entreprises dans leurs choix d’équipements et leurs modes d’usage. Des enjeux également analysés dans le rapport « Équipements professionnels en Europe : perspectives 2026 », basé sur une étude menée auprès de 1 000 décideurs dans 11 pays et 6 secteurs. 

EB : L’économie circulaire devient un sujet stratégique dans de nombreux secteurs. On parle finalement d’une transformation profonde de la manière de produire, de consommer et de créer de la valeur.

Concrètement, que change une logique circulaire pour une entreprise ?

SL : Souvent, on présente l’économie circulaire comme quelque chose de très théorique, alors qu’en réalité c’est extrêmement concret. Cela consiste par exemple à prolonger la durée de vie des équipements, à mieux les utiliser, à les récupérer en fin d’usage, à les reconditionner ou à leur donner une seconde vie. C’est précisément là que le lien avec le leasing devient très fort. Quand on passe d’une logique de propriété à une logique d’usage, on peut mieux suivre les équipements dans le temps, optimiser leur utilisation et maximiser la valeur des matières premières consommées.

EB : Oui, et cela change aussi la manière dont les entreprises pensent la valeur. On ne raisonne plus uniquement autour de l'achat d'un produit neuf, mais autour de son cycle de vie complet. La valeur n'est plus créée uniquement au moment de la vente, mais à travers l'ensemble des usages successifs du produit. C'est aussi une manière de découpler progressivement la croissance économique de la consommation de ressources vierges. Pour beaucoup d'entreprises, cette évolution représente un changement profond dans la manière de concevoir leurs produits, leurs services et leurs relations avec leurs clients.

SL : L’équipement ne devient plus un objet « consommé puis remplacé », mais un équipement qui peut continuer à créer de la valeur dans la durée. Et cela ouvre aussi la voie à de nouveaux modèles économiques, davantage fondés sur les services, la maintenance, le réemploi ou la revalorisation des équipements.

En plus des impacts environnementaux positifs, en quoi ces modèles circulaires peuvent-ils être économiquement performants ?

EB : C'est une question essentielle, parce qu'on observe aujourd'hui un changement très significatif dans la manière dont les entreprises abordent la circularité. De plus en plus d’entreprises considèrent la circularité comme un véritable relais de croissance. On voit par exemple apparaître des objectifs chiffrés ambitieux dans des secteurs aussi différents que la chimie, l'automobile ou les biens de consommation.

SL : Oui, parce que la circularité permet de créer de nouvelles sources de valeur. Quand un équipement conserve une valeur résiduelle en fin de contrat, cette valeur peut être réinjectée dans le modèle économique. Pour les clients, cela peut se traduire par un coût d’usage plus faible. Pour les entreprises, cela permet de développer des offres plus complètes, plus durables et plus différenciantes. On ne vend plus uniquement un équipement : on construit une solution dans la durée, avec des services associés et une logique de performance globale.

Vers une économie circulaire : l’engagement de BNP Paribas Leasing Solutions

La transition vers une économie circulaire représente un enjeu majeur pour les entreprises, qui doivent repenser leurs modèles de production et de consommation. BNP Paribas Leasing Solutions joue un rôle clé dans cette transformation en proposant des solutions de financement et d’usage adaptées à ces nouveaux défis.

Présent dans 21 pays et aux côtés d’environ un million de clients finaux, BNP Paribas Leasing Solutions déploie une gamme variée de solutions — du crédit au crédit-bail, en passant par des offres locatives intégrant des services. Ces dernières sont particulièrement innovantes, car elles permettent aux entreprises de maîtriser le cycle de vie de leurs équipements tout en optimisant leurs coûts et leur impact environnemental.

Un exemple concret est la gestion durable des équipements technologiques. Avec BNP Paribas 3StepIT, la joint-venture spécialisée dans la gestion du cycle de vie des équipements IT, le Groupe va plus loin : en fin de contrat, les équipements sont récupérés, sécurisés, reconditionnés, puis réinjectés dans un nouveau cycle d’usage. Cette approche limite le gaspillage des ressources et prolonge la durée de vie des matériaux.

Au-delà de l’accompagnement opérationnel, BNP Paribas Leasing Solutions s’attache à évaluer les retombées environnementales de ces modèles circulaires. Une étude menée avec le cabinet Circul’R révèle des résultats significatifs :

  • Allongement de 2 ans en moyenne de la durée de vie des équipements ;
  • Réduction de 25 % de la consommation de matières premières ;
  • 9 équipements sur 10 sortant des centres de reconditionnement trouvent une seconde vie.

Ces chiffres illustrent concrètement comment le financement et les services d’usage peuvent accélérer la transition vers une économie plus durable, tout en créant de la valeur pour les entreprises et leurs écosystèmes.

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Quelles sont encore les conditions nécessaires pour accélérer l’économie circulaire ?

SL : Il reste plusieurs défis. D’abord, il faut encore massifier ces modèles. La logique d’usage progresse, mais elle reste encore minoritaire dans beaucoup de secteurs. Ensuite, ladonnée devient essentielle. Pour développer ces modèles, il faut être capable de mieux anticiper la valeur résiduelle des équipements, leur potentiel de reconditionnement ou leur capacité de réemploi.

EB : Et cela suppose aussi davantage de coopération entre les acteurs. L'économie circulaire repose sur des écosystèmes complets où interviennent fabricants, fournisseurs, financeurs, logisticiens, acteurs du réemploi ou encore collectivités. Plus les acteurs travaillent ensemble, plus ces modèles deviennent efficaces et viables économiquement. Mais c’est une transformation qui doit s’adapter aussi aux réalités des secteurs, des usages et des territoires.

SL : Exactement ! Les grands principes sont largement réplicables, mais leur mise en œuvre reste toujours très liée au contexte local. C’est ce qui rend ces modèles à la fois ambitieux et très concrets.

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