BNP Paribas Sustainable Finance Forum : les leviers et catalyseurs de la transition énergétique

A l’occasion du BNP Paribas Sustainable Future Forum (SFF), des dirigeants et experts venus d’horizons variés ont présenté les principaux leviers industriels nécessaires à la mise en œuvre de la transition énergétique.

Dans un contexte assombri par les défis macroéconomiques, les tensions géopolitiques et la crise climatique, elle reste au cœur de la stratégie des entreprises. Avec comme moteur de cette transformation une indispensable combinaison de technologies, de politiques, de financements et de collaborations.

Le SFF a rassemblé des leaders de l'industrie sur 16 sites, de Sydney à Sao Paolo, pour partager leurs vision et perspectives en matière de transition énergétique. Parmi les intervenants figuraient des dirigeants de Hitachi, Jaguar Land Rover, Schneider Electric, Engie, Michelin, Northern Lights, Legrand, H2 Energy, Vinci et Holcim.

À Paris, William de Vijlder, chef économiste du groupe BNP Paribas, a planté le décor dans son discours d'ouverture sur le changement de paradigme actuel des facteurs de risque :  

Il est clair que le monde a considérablement changé. Nous sommes passés d'une liste plutôt courte de chocs potentiels à une liste beaucoup plus large.  Cela nécessitera une cartographie des risques et des tests de résistance, tant au niveau macroéconomique qu'au niveau microéconomique, afin de guider la politique économique et la stratégie des entreprises.  

Compléter l’action politique

Les intervenants ont souligné le rôle vital des politiques publiques et de la réglementation dans la mise en œuvre de la transition énergétique, nombre d'entre eux notant que la réglementation a l'avantage d'offrir des certitudes aux entreprises et aux investisseurs lorsqu'ils prennent des décisions financières et commerciales.  

En Europe, les industriels ont noté l'importance de l'environnement réglementaire européen - y compris la taxonomie de l'UE - pour réduire le risque d'écoblanchiment, assurer un meilleur alignement sur les normes communes et inciter au partage des plans de transition. Certains experts ont également considéré que les investissements publics étaient nécessaires pour orienter les décisions des entreprises, en soulignant notamment le rôle précieux de l'association des capitaux des secteurs public et privé pour réduire les risques liés aux investissements dans les technologies de transition. 

Une session new-yorkaise du SFF a expliqué que la loi sur la réduction de l'inflation (IRA) pourrait changer la donne aux États-Unis, avec environ 370 milliards de dollars disponibles pour les sources d'énergie propres. L'IRA offre des incitations aux entreprises travaillant dans les technologies de transition énergétique telles que le captage, l'utilisation et le stockage du carbone (CCUS) et l'hydrogène vert, afin de démontrer leur viabilité économique et leur évolutivité, ainsi que de stimuler la fabrication de technologies énergétiques propres aux USA. 

Financer le déficit de transition 

À Londres, les intervenants ont montré que des objectifs de transition alignés, transparents et validés scientifiquement peuvent influencer les décisions des entreprises, notamment en matière d'investissement et de financement. 

Nina Seega, directrice de recherche sur la finance durable au Cambridge Institute for Sustainability Leadership (CISL), a expliqué que, selon sa récente étude, commandée par BNP Paribas et le CISL, l'accélération des objectifs des entreprises nécessitera des investissements beaucoup plus importants : "Beaucoup plus d'argent sera consacré à la décarbonisation profonde des secteurs difficiles à réduire".  Ce changement dans la dynamique de financement peut agir comme un moteur d'innovation : "Le rôle de la finance s'élargit, passant du simple pourvoyeur de capitaux à la recherche de solutions financières innovantes en collaboration avec l'économie réelle".

L'économie circulaire dans l'industrie manufacturière

Des experts d'Hitachi et de Jaguar Land Rover ont présenté la façon dont ils procèdent à la décarbonisation profonde des opérations de fabrication et développent l'économie circulaire.

Tony Battle, directeur des technologies de l'information de Jaguar Land Rover, qui proposera des véhicules entièrement électriques à partir de 2024 et dont l'objectif est de parvenir à un bilan carbone net nul d'ici 2039, a souligné l'importance des données numériques comme l'un des principaux facteurs permettant d'accélérer le processus de développement durable du constructeur. 

La disponibilité de données numériques et leur analyse permettent de piloter tout ce que nous faisons en tant qu'entreprise. Leur rôle est de faciliter la transformation de l'entreprise, sous-tendue par le désir de durabilité." 

Tony Battle,

Directeur des technologies de l'information de Jaguar Land Rover

Innovations technologiques en matière de transition

L'innovation technologique est apparue comme un thème clé, de nombreux intervenants ayant souligné son importance pour l'efficacité énergétique et l'accélération de l'industrie vers une trajectoire net zéro. 

Dans le contexte inflationniste actuel, les dirigeants d'entreprise ont expliqué comment ils augmentent l'efficacité énergétique en utilisant des innovations dans leurs opérations, leurs chaînes d'approvisionnement, leurs bâtiments et leur écosystème de mobilité, et comment cela se traduit dans leurs indicateurs de performance. 

Si de nombreux intervenants ont convenu que le manque de technologies fiables et déployables à grande échelle reste encore aujourd’hui un problème, plusieurs exemples d'innovations technologiques de transition ont néanmoins été partagés. 

La capture, l'utilisation et le stockage du carbone (CCUS) sont essentiels pour la transition vers le zéro carbone et pourraient représenter 19 % des réductions d'émissions de gaz à effet de serre. Northern Lights a présenté sa mission, qui consiste à développer la première infrastructure de transport et de stockage de CO2 en open-source au monde, afin de décarboner les industries du nord de l'Europe. 

L'hydrogène vert a également été mis en avant. Des experts de Bruxelles, Milan et Francfort ont noté que des investissements dans la R&D et le transport, soutenus par la réglementation, sont nécessaires pour construire une économie de l'hydrogène vert dans toute la chaîne de valeur et stimuler les investissements.  

Partenariats et partage des connaissances 

Les intervenants ont expliqué que la collaboration doit être au cœur de l'économie net zéro, et que les partenariats sont essentiels à toutes les étapes de la chaîne d'approvisionnement énergétique. 

Dans le domaine de l'innovation climatique, plusieurs organisations ont présenté des exemples de partenariats universitaires et de collaborations en matière de technologies propres qui ont été incubés, sont évolutifs et offrent à ce jour une recherche appliquée transférable. 

Employés, culture et développement des talents

Enfin, les dirigeants ont souligné que les employés, la culture d’entreprise et le développement des talents sont des leviers essentiels de la transition énergétique. Michelin a par exemple partagé son approche d'innovation participative en s'appuyant sur les idées de ses employés pour relever les défis de la construction d'une entreprise durable. 

Comment la finance contribue-t-elle à la transition énergétique ?

BNP Paribas est à l'avant-garde de la mobilisation des financements pour soutenir la transition énergétique. Parmi les projets récents, citons notamment :

  • Le parc éolien de Dogger Bank : appelé à devenir le plus grand parc éolien offshore du monde lorsque les trois phases seront achevées en 2026. BNP Paribas a agi en tant que conseiller financier pour ce projet, qui fournira suffisamment d'énergie propre pour alimenter six millions de foyers britanniques.

  • Al Dhafra PV2 : la plus grande centrale solaire à site unique au monde. BNP Paribas est intervenu comme chef de file de l'opération, en tant qu'unique Bookrunner, Mandated Lead Arranger et Hedge Provider.

  • La première obligation durable d'entreprise au Chili : une obligation à 10 ans de 500 millions de dollars US pour CMPC, un leader mondial de l'industrie forestière, de la pâte à papier, du papier et de l'emballage basé au Chili, qui s'attaque aux émissions de gaz à effet de serre et à l'utilisation de l'eau à des fins industrielles.

  • La création récente du Low-Carbon Transition Group (qui rassemble plus de 250 experts de la banque pour aider les clients à bénéficier de conseils ciblés en matière de développement durable) témoigne de l'élan et des ressources accrues que BNP Paribas investit dans ses équipes, sa stratégie et son engagement auprès des clients en matière de finance durable.

Low-Carbon Transition Group

Cet article a été traduit de l'anglais: Energy transition: catalysts and game-changers - BNP Paribas CIB

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