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Etude de l'Atelier : Les quatre serments de la cyber médecine

  • 07.12.2004
Etat des lieux & veille européenne
sur l'équipement et les usages innovants


Utilisateurs précoces de l'automobile et du téléphone dans les années 30, les médecins ont su très vite tirer parti de ces inventions : vitesse de déplacement chez le patient, rapidité de conversation orale avec leurs malades… Les médecins ont ainsi acquis une meilleure réactivité dans leur métier. De la même façon, l'informatisation de leur profession s'est rapidement effectuée au cours des années 90, avec parfois l'impulsion d'un projet national, comme la Carte Vitale en France. L'informatisation de leur cabinet leur a offert des gains de temps et d'efficacité, notamment avec les dossiers informatisés créés pour leurs patients.

Aujourd'hui, l'accès à Internet est massivement entré dans les applications informatiques des médecins. En 2003, dans l'Europe des Quinze, ils étaient déjà 80 % à avoir accès au Réseau, et 78 % en France (Sources : Eurobaromètre, Ispos). Mais ce très bon taux d'équipement n'est qu'une étape. Dans les usages, le potentiel d'Internet est encore faiblement utilisé par les médecins. Si la plupart d'entre eux utilisent le Web pour s'informer individuellement, le partage d'informations en réseau qu'il permet émerge beaucoup plus progressivement. Il constitue néanmoins un aspect capital pour adapter la médecine aux nécessités de son époque. De fait, les technologies de l'information peuvent apporter des réponses à quatre enjeux de taille :

I) Enjeu relationnel : nouveaux rapports patient/médecin. Aujourd'hui la moitié des Européens ont accès à Internet. 46 % d'entre eux l'utilisent déjà pour s'informer sur leur santé. Les taux ne cessent de progresser, et les jeunes générations font d'Internet un média de référence en matière d'information. Sans qu'il y ait de commerce en ligne La médecine ne pouvant en France s'exercer comme un commerce, selon l'article 19 du Code de déontologie médicale, la notion de commerce en ligne médical ne peut exister en France, ni dans la plupart des pays européens., les sites qui offrent au patient la possibilité d'interagir avec leurs médecins (informations, conseils, prises de rendez-vous, prescriptions pour certains cas bien identifiés) sont des innovations intéressantes. Ils contribuent à rendre la médecine plus interactive. Estampillés par des autorités certifiées, ils limitent aussi la colonisation du Web par les charlatans. Enfin, ils accompagnent la manière dont les patients gèrent leur santé avec le Net : connaissance accrue des informations santé, demande d'avis de médecins plus rapides.

II) Enjeu démographique : les téléconsultations et les personnes âgées. Le vieillissement de la population européenne s'accompagne d'un nombre réduit de médecins par habitants : 359 pour 100 000 habitants. Ce ratio peut être encore plus faible lorsqu'il s'agit de médecins spécialistes. D'où l'intérêt des solutions de téléconsultation qui limitent les déplacements des personnes âgées et des médecins spécialistes. Elles offrent ainsi une nouvelle médecine de proximité, parfois plus réactive.

III) Enjeu budgétaire & informationnel : l'atout des systèmes informatisés des données médicales. Les dépenses de santé représentent une part croissante des PIB nationaux. Dans les pays de l'OCDE, elles atteignaient 5 % du PIB moyen dans les années 70, 7 % dans les années 90, puis 8 % en 2003, et parfois 10 % en Allemagne, aux Etats-Unis ou en Suisse. Le dernier rapport de l'OCDE sur les systèmes de santé donne comme première recommandation « d'investir dans des systèmes informatisés de données médicales » pour réduire les dépenses de santé et améliorer la qualité des soins. Lorsqu'ils sont bien conçus, ces systèmes amènent une information médicale mieux structurée et archivée.

IV) Enjeu scientifique et médical : médecine collaborative et télémédecine. Les télédiagnostics qui recoupent l'avis de plusieurs médecins sur une maladie grave, les téléconsultations qui réunissent patients, médecins et personnels soignants, sont autant d'applications propices à l'apprentissage, au perfectionnement, à l'établissement d'une médecine plus performante. De plus, la précision offerte par les applications de télémédecine, comme la « réalité augmentée » par les logiciels 3D, sont des éléments incontestables de progrès pour la chirurgie moderne.

Partant du principe que le serment d'Hippocrate Rédigé entre le Vème et IVème siècle avant Jésus-Christ, période d'éveil scientifique en Grèce, le serment d'Hippocrate rappelle à deux reprises que le médecin suivra les règles de son art « dans la mesure de [ses] forces et de [ses] connaissances ». Cette proposition indique que le médecin n'outrepassera pas ses compétences, ne tentera pas de médecine « téméraire ». Elle suggère aussi qu'il est bon d'agir toujours dans cette « mesure » : la science et les technologies peuvent évoluer, s'approfondir, il appartient au médecin d'être toujours instruit, pour utiliser au mieux les savoirs et les technologies de son temps. incite le médecin à exercer son métier avec la meilleure connaissance des technologies de son temps, après avoir identifié ces quatre grands enjeux auxquels les technologies de l'information apportent des réponses, l'objet de cette étude est rendre compte d'une veille européenne sur les équipements et des usages innovants en la matière.

Quelques mois avant le lancement du projet hexagonal des Dossiers Médicaux Partagés (DMP), il nous a semblé essentiel de saisir l'état des équipements et des usages d'Internet chez les médecins, puis chez les patients européens. Afin de bien mesurer le potentiel des technologies de l'information et de la communication (TIC).

Suite à ce panorama, une veille internationale sur les applications les plus innovantes montre de quelle manière élaborer une cyber médecine qui réponde aux quatre enjeux énoncés plus haut. Comment les TIC améliorent-elles le métier des médecins ? C'est ce que met en avant la seconde partie de cette étude, autour de quatre grands types d'applications :

La médecine collaborative
(Enjeux scientifiques & médicaux)
Le partage des données médicales
(Enjeux budgétaires & informationnels)
Les sites Web dédiés aux rapports patients/médecins
(Enjeux relationnel : patient/médecin)
La télémédecine : télésurveillance, téléconsultations, télé opérations
(Enjeux scientifiques & démographiques)
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°La médecine ne pouvant en France s'exercer comme un commerce, selon l'article 19 du Code de déontologie médicale, la notion de commerce en ligne médical ne peut exister en France, ni dans la plupart des pays européens.
Rédigé entre le Vème et IVème siècle avant Jésus-Christ, période d'éveil scientifique en Grèce, le serment d'Hippocrate rappelle à deux reprises que le médecin suivra les règles de son art « dans la mesure de [ses] forces et de [ses] connaissances ». Cette proposition indique que le médecin n'outrepassera pas ses compétences, ne tentera pas de médecine « téméraire ». Elle suggère aussi qu'il est bon d'agir toujours dans cette « mesure » : la science et les technologies peuvent évoluer, s'approfondir, il appartient au médecin d'être toujours instruit, pour utiliser au mieux les savoirs et les technologies de son temps.
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