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BNP Paribas participe au projet Agorá pour explorer de nouvelles approches des paiements transfrontaliers

Publié Aujourd'hui

Aujourd’hui encore, un paiement international entre deux institutions financières ne passe pas par un système unique. Il mobilise plusieurs banques, plusieurs infrastructures, et une succession d’étapes qui ne sont pas toujours synchronisées entre elles. Résultat : des délais qui peuvent s’allonger, une visibilité limitée sur l’état d’une transaction, et des coûts liés aux contrôles, aux rapprochements et aux traitements manuels, entre autres.

C’est ce constat qui est à l’origine du projet Agorá (mot grec signifiant "marché"). Les paiements transfrontaliers restent marqués par des inefficiences structurelles : des processus fragmentés, une exécution parfois lente, des coûts opérationnels élevés et une transparence partielle. Ces contraintes peuvent avoir des effets très concrets sur la gestion de trésorerie des entreprises, sur la circulation de la liquidité et, in fine, sur les échanges internationaux. 

Dans ce contexte, Agorá explore une nouvelle approche des paiements transfrontaliers de gros, fondée sur des technologies dites de « tokenisation » et sur des mécanismes programmables (par exemple des règles intégrées directement au cœur des transactions). L’idée n’est pas de remplacer les systèmes existants du jour au lendemain, mais de tester si certaines opérations pourraient être exécutées de manière plus directe, plus synchronisée, et avec moins d’intermédiaires. 

Le projet réunit sept banques centrales, dont les émetteurs de cinq grandes devises de réserve, ainsi que plus de 40 institutions financières privées, dans le cadre d’une collaboration inédite entre acteurs publics et privés coordonnée par la Banque des règlements internationaux (BRI) et l’Institute of International Finance (IIF). BNP Paribas participe à cette initiative.

Tester d’autres façons de faire circuler l’information et le règlement 

Le projet Agorá consiste à expérimenter une nouvelle approche où l’information et le règlement circulent de manière plus intégrée. Par exemple, plutôt que d’attendre qu’une série de confirmations s’enchaînent entre plusieurs systèmes, certaines conditions peuvent être vérifiées en amont et l’exécution déclenchée uniquement lorsqu’elles sont réunies. 

Un des mécanismes testés est celui du « règlement atomique » : une transaction n’est finalisée que si toutes ses composantes, notamment le transfert d’actif et le paiement, ont lieu en même temps. Cela vise à éviter des situations où une opération est partiellement exécutée, avec, par exemple, un actif livré mais un paiement en attente.

Ces expérimentations restent, à ce stade, encadrées et progres­sives. Le projet est explicitement exploratoire : il s’agit de tester des fonctions, d’en mesurer l’intérêt réel, et d’identifier les conditions notamment techniques, opérationnelles et juridiques, nécessaires à un éventuel déploiement plus large.

Une approche progressive, ancrée dans des cas d’usage précis 

Pour BNP Paribas, la participation à Agorá s’inscrit dans une démarche engagée depuis plusieurs années : comprendre, tester et mesurer ce que ces technologies changent réellement.

Le Groupe a déjà mené plusieurs expérimentations autour de la tokenisation de titres financiers et de parts de fonds, ou encore de solutions de règlement associées. Ces travaux permettent d’observer très concrètement ce qui évolue : par exemple, la possibilité de regrouper dans un même environnement des étapes aujourd’hui réparties entre plusieurs systèmes, ou de réduire certains délais en rapprochant l’émission, la gestion et le règlement d’un actif.

Dans le même temps, BNP Paribas analyse le rôle que pourraient jouer des instruments de règlement digitaux, qu’il s’agisse de monnaies de banque centrale tokenisées ou d’autres solutions régulées, pour fluidifier les échanges entre institutions, en particulier dans des contextes internationaux où plusieurs acteurs doivent se coordonner.

Lire : BNP Paribas a participé aux expérimentations de l’Eurosystème sur les solutions de règlement de gros en DLT

Il s’agit ainsi d’identifier les situations où ces approches apportent un bénéfice réel, notamment en termes de délai, de fiabilité ou encore de simplicité d’exécution. Dans ce cadre, il ne s’agit pas de considérer qu’un nouveau modèle remplacerait l’existant à court terme.

Nous travaillons depuis plusieurs années sur ces sujets à travers des cas très concrets. Agorá nous permet d’aller plus loin, en testant ces mécanismes dans un cadre collectif, avec des banques centrales et d’autres acteurs internationaux. L’intérêt est de voir, très concrètement, ce qui fonctionne, ce qui doit être adapté, et comment ces approches innovantes apportent un vrai gain opérationnel qui transforme l’expérience paiement de nos clients. »

Bruno Mellado

Head of Payments and Receivables, BNP Paribas Cash Management 

Des perspectives, mais aussi des questions ouvertes 

Si les premiers travaux indiquent que certaines fonctions sont techniquement réalisables comme le règlement synchronisé entre plusieurs devises, plusieurs questions restent ouvertes. L’intégration avec les infrastructures existantes, l’alignement des cadres réglementaires entre juridictions, ou encore la gestion des données et de leur confidentialité sont autant de sujets qui conditionneront les étapes suivantes.  C’est précisément l’intérêt d’une initiative comme Agorá : offrir un cadre permettant aux acteurs concernés de tester ces questions de manière collective, avant toute généralisation. 

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