Soutenir l'expérimentation de nouvelles formes

Le numérique transforme notre monde en profondeur. C’est dans ce contexte que la Fondation BNP Paribas accompagne les artistes issus de la danse et du cirque à faire du digital une source vive de création. Elle soutient ainsi le collectif (LA) HORDE, dont le spectacle ‘post-internet’ To Da Bone a fait passer à la scène une danse créée sur et avec YouTube. 

En intelligence complice avec la Maison de la Danse, dont elle est mécène depuis plusieurs années, la Fondation BNP Paribas a aussi imaginé avec le Théâtre de Liège et le Sadler’s Well à Londres un premier Dansathon européen, au croisement de la danse et des nouvelles technologies. Cet événement a été l’un des temps forts de la Biennale de la Danse de Lyon 2018, dirigée par Dominique Hervieu. La 2ème édition du Dansathon aura lieu à Liège en novembre 2020 et aura pour

thème « Comment la danse peut-elle s’inscrire dans une société en transition(s) ? »

Egalement partenaire de la section Danse connectée et du parcours Lyon Dance VR, la Fondation a également permis, la coréalisation par le circassien et chorégraphe Yoann Bourgeois et l’auteur multimédia Michel Reilhac de Fugue VR (pour Virtuel Reality), un film en réalité mixte co-produit par la Biennale.  

Compagnie Wang & Ramirez / Wired Pathfinder.

La VR aux avant-postes de l’innovation 

Selon Maxime Fleuriot, féru de transmédia et ancien conseiller artistique de la programmation numérique de la Biennale « aujourd’hui, la technologie façonne notre usage du monde. Et nous n’en sommes qu’aux balbutiements. Il est indispensable que les artistes du spectacle vivant s’emparent de ces nouveaux supports de la création pour nous livrer leur propos, critique ou poétique ». Qu’elle soit individuelle, collective ou en interaction sensorielle via la réalité mixte, l’expérience virtuelle présente en effet un atout essentiel : « sortir des rapports scène/salle et unité de temps - unité de lieu. Et en variant les approches, toucher de nouveaux publics ». 

Une approche que partage l’artiste et co-directeur du CCN2-Centre chorégraphique national de Grenoble Yoann Bourgeois, curieux depuis toujours de « rayonner et d’aller dans les lieux où la culture ne va pas ». Dans la réalité virtuelle, il voit « la possibilité de pousser encore cette démarche, jusque dans la chambre d’un malade à l’hôpital par exemple ». En outre, les sensations liées à la VR touchent à la nature même de son travail. « Mes recherches sont basées sur l’équilibre et le vertige. Grâce à la VR, même si le processus de réalisation n’a rien à voir, je creuse plus loin ces thèmes ». Sa Fugue VR, conçue comme une variation autour de sa Fugue/trampoline créée en 2009, explore « de nouvelles formes, tout en offrant des modes de perception singuliers jamais appréhendés ».

Le Dansathon, terrain de jeux pour la danse de demain

Destinée à favoriser le dialogue entre la danse et l’univers numérique, la première édition du Dansathon s’est tenue en septembre 2018 à Lyon, Londres et Liège. Ce marathon créatif collaboratif et connecté a réuni pendant trois jours et avec trois théâtres partenaires (la Maison de la Danse de Lyon, le Sadler’s Well à Londres et le Théâtre de Liège) quatre-vingt-dix créateurs de tous genres, artistes de danse, codeurs, designers, makers et spécialistes des médias. Sélectionnés parmi plus de quatre cents candidatures, ils étaient regroupés en équipes pluridisciplinaires dans de vastes espaces dédiés. Autour de quelques thématiques communes, ils ont expérimenté les méthodes de travail et les technologies de l’univers numérique, dans une démarche à la fois collaborative, transdisciplinaire et itérative.

Au terme de ces soixante-douze heures d’incubation co-créative, les équipes ont présenté leurs réalisations à un jury pluridisciplinaire.Trois projets lauréats, Digital Umbilical à Londres, Vibes à Lyon et Cloud Dancing à Liège, ont été récompensés. Ils ont reçu chacun une bourse de la Fondation BNP Paribas et un engagement d’accompagnement par les théâtres partenaires, afin de développer leur prototype. 

Fort du succès de sa première édition, le Dansathon revient avec pour thématique de sa 2ème édition « Comment la danse peut-elle s’inscrire dans une société en transition(s) ? »

Découvrir le Dansathon en images

Inventer un soutien à la croisée des pratiques

En rendant possible ces événements, la Fondation BNP Paribas est plus que jamais fidèle à sa vocation de créer des liens. La danse de demain, en effet, repense l’expérience du spectateur au-delà des frontières et des limites, et met le vivant au centre. Elle a pu par ailleurs expérimenter une manière de détecter et soutenir ces projets artistiques inscrits dans les processus de travail de la culture numérique, qui préfigurent l’avenir. 

Etre présent à l’éclosion de modes de création, de production et de partage innovants, dont l’économie est encore fragile, correspond pleinement à la mission d’un mécène qui, depuis toujours, aime à soutenir les  approches pionnières. 

« La Danse, art du sensible, ne peut se couper des technologies qui imprègnent nos vies » faisait remarquer Dominique Hervieu lors de la présentation du Dansathon. Quant à Serge Rangoni, directeur du théâtre de Liège, il concluait part ces mots : « Le Dansathon ouvre la voie à de nouveaux modèles au cœur desquels tout est envisageable, même l’impossible ! »

 Cloud Dancing - ©Romain Tissot. - Crédits : Romain Tissot